SAR France

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Jean  Camescasse,

 

 

Jean CAMESCASSE  (1736-1829)

 Jean Camescasse, dit Le Cadet pour le distinguer d'un frère aîné portant le même prénom, est né à Orthez, où il est baptisé le 15 juillet 1736. Issu d'une famille de chaudronniers, il s'installe à Bordeaux vers 1760 pour faire du commerce. Il s'embarque dans ce port pour Saint-Domingue en 1765 et à nouveau en 1768. Quand il se marie à Bordeaux en 1770 avec Jeanne Chevret, sœur d'un capitaine du navires bordelais, sa fortune est déjà estimée à 60 000 livres. Il habite alors rue des Bahutiers, paroisse Saint-Pierre, dans la vieille ville.

 

Jean Camescasse fait construire et arme plusieurs navires pour le commerce avec Saint-Domingue, souvent commandés par son beau-frère Jean Chevret : La Bonne-Henriette, L'Ami, L'Orthézien, L'Espoir, L'Indispensable… Dans les années 1780, chacun de ces navires semble faire au moins un voyage annuel pour Saint-Domingue. Les marchandises transportées sont presque toujours les mêmes, fournies par plusieurs commerçants dont son frère aîné Jean Camescasse, resté à Orthez : des produits alimentaires, des toiles et des vêtements, des cordages, du fil, de la quincaillerie et de la droguerie, de l'argenterie et de la bijouterie. Au retour, les navires rapportent du sucre, du cacao, du café, de l'indigo, du coton, du bois d'acajou, du tabac, etc. Jean Camescasse arme aussi pour la traite négrière : La Bonne-Henriette est partie pour le Mozambique et l'Île-de-France (Île Maurice) en 1790, puis pour la côte d'Angole et Le Cap (Saint-Domingue) en 1792.

            À l'automne 1779, Jean Camescasse arme simultanément deux navires : Le Porte-Paix pour La Martinique et Le Coureur pour Saint-Domingue.

 

La France est entrée depuis plus d'un an et demi dans la guerre d'Indépendance américaine aux côtés des treize colonies britanniques d'Amérique révoltées contre leur métropole. Un convoi se prépare à Brest : ces deux navires de commerce en font partie. C'est l'escadre de Guichen qui les escorte, en février 1780. La majorité des nombreux navires marchands du convoi est affrétée par le roi pour les besoins de l'armée et de la marine royales. C'est le cas du Coureur, chargé de transporter des comestibles et draperies pour les besoins de l'escadre et du corps expéditionnaire.

 

            En 1781, notre armateur fait construire pour 58 000 livres une maison à Bordeaux par l'entrepreneur Jean Laclotte sur les plans de l'architecte François Lhote, le rival malheureux de Victor Louis pour le chantier du Grand-Théâtre. Cette maison Camescasse, qui porte actuellement le n°12, cours du Chapeau-Rouge, est inscrite à l'Inventaire supplémentaire des Monuments historiques. En 1790, Jean Camescasse achète le domaine de Bourbonnet, au lieu-dit La Souys à Floirac, au bord de la Garonne, pour 120 000 livres. Cette maison de campagne est une ancienne maison noble qui était tenue à foi et hommage de l'archevêque de Bordeaux avant la Révolution. Deux autres biens de campagne, aussi à Floirac, achetés en 1791 et 1794, et une maison au faubourg de Saint-Seurin acquise avec trois terrains à bâtir en 1794, complètent ce patrimoine.

            En 1788, Jean Camescasse est élu trésorier de l'assemblée locale du Tiers-État et lui fait une avance de 14 000 livres pour couvrir les frais d'une députation à Paris, chargée de demander la représentation proportionnelle aux  États-Généraux. Cette avance ne lui a jamais été remboursée. Co-fondateur de la Société des Amis de la Liberté et de l'Égalité de Bordeaux (antenne locale du club des Jacobins), il a été élu conseiller municipal de Bordeaux en 1791 et réélu en 1792. Il est arrêté le 19 thermidor an 2 (6 août 1794) comme membre de l'ancienne municipalité de Bordeaux destituée par le décret du même jour. Il est relâché le 8 fructidor an 2 (23 août 1794) après l'envoi d'une émouvante pétition où il justifie son engagement constant au service de la Nation et de la Révolution. La mémoire familiale raconte que son perruquier lui a sauvé la vie et que Jean Camescasse l'en a remercié dans son testament. Daté de 1828, ce dernier inclut en effet un legs de 300 francs pour le perruquier, mais aussi deux autres du même montant pour un domestique et une cuisinière.

            Doyen des négociants de Bordeaux et membre du consistoire de l'Église réformée, Jean Camescasse meurt le 20 novembre 1829 à l'âge de 93 ans. D'après la presse locale, ses obsèques sont suivies par plus de 500 personnes.

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Descendant SAR:  Jean-Mathieu Robine  (rédacteur).