SAR France

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Louis Charles du Chaffault de Besné

 

 

Louis Charles du CHAFFAULT de BESNÉ  (1708-1794)

 

Louis Charles du Chaffault de Besné était issu d’une famille féodale, anciennement bretonne, branche cadette de la maison de Rezé transplantée dans le Bas-Poitou, où elle habitait la Sénardiére près de Montaigu (85) depuis le XVème siècle. Il naquit à Nantes le 29 février 1708 et fut baptisé le lendemain à l’église Saint Vincent. Il est le deuxième des trois fils d'Alexis-Augustin, seigneur de la Sénardière et du Plessis-Besné, comte du Chaffault (1680-1740), plus tard conseiller au parlement de Bretagne, et de Marie Boux de Saint-Mars,

Sa vocation pour la Marine fut sans doute encouragée par sa famille qui comptait un grand nombre d’officiers de marine.

Garde Marine à Brest le 15 novembre 1725, il passe  18 mois à Brest et embarque 6 mois sur l’Achille

En 1728, il effectue 8 mois de campagne contre les pirates barbaresques sur l’Astrée et participe au bombardement de Tripoli. Il est nommé Garde du Pavillon le 16 mai.

 

Enseigne de vaisseau le 10 juin 1733, il sert sur le Saint-Louis, le Fleuron, la Méduse et la Parfaite. Sur le Fleuron, il participe à la visite des ports en Baltique et il est rapporté que le roi de Suède, Frédéric 1ier déclara: « qu’il était bien aise de voir à nos visages, que l’air du pays nous était bon apparemment : l’embonpoint de Du Chaffault nous attirait ce compliment ». L'année suivante, Louis-Charles du Chaffault est d’une expédition à Salé.

En 1741, il est 4 mois aux Antilles sur la Parfaite puis sera 2 ans sur le Saint Michel.

En 1745 il commande le garde-côte le Mercure, puis la Mégère et la Fauvette. Promu lieutenant de vaisseau en 1746, il commande la frégate l’Atalante, capture quelques corsaires et de nombreux marchands anglais. En 1748 il est fait Chevalier de Saint-Louis et le 23 mai 1754, promu au grade de capitaine de vaisseau.

Après quelque mois  à Rochefort et Brest, il reprend le commandement de l’Atalante le 24 novembre 1755.

En 1757, la division composée du Prudent , de l’Atalante et du Zéphyr,  rencontre le 11 mars aux atterrages de la Martinique le vaisseau Anglais Warwick et le prend en chasse. L’Atalante manœuvre habilement et du Chaffault put le canonner avec précision. Les avaries survenues à sa mature et son gréement contraignirent  Le Warwick, désemparé, à laisser porter sur le vaisseau le Prudent pour amener son pavillon. Du Chaffault reçut de Louis XV une lettre des plus flatteuses et les peintres de Versailles reçurent l’ordre de représenter ce fait d’armes dans un tableau destiné à la galerie de Versailles.

Du Chaffault prend le commandement d’une escadre partie de Rochefort le 2 mai 1758 pour transporter des troupes au Canada. A son arrivée devant Louisbourg il trouva une escadre anglaise de 10 vaisseaux et  débarqua les troupes le 29 mai dans la baie de Sainte Anne. La division repartit le 18 septembre pour la France.

Au cours de cette campagne il perdit son fils Louis René, garde de la marine embarqué le 11 avril 1758 sur le Dragon...  Dans une lettre de du Chaffault datée du 12 août à bord du Dragon devant Québec il  écrit : "il m'est mort Mr Dupéron, enseigne, et mon fils, garde de marine..."

Nommé chef d’escadre en 1764, il effectue une campagne au Maroc sur l’Utile et bombarde  la ville de Salé en 1765. Il est promu  commandeur dans l’ordre de Saint-Louis la même année.

Il reste 6 ans à Rochefort, passe à Brest en 1772 comme adjoint au Comte d’Orvilliers et commande le Fier. Il est chez lui, à Meslay, de 1773 à 1775 où cette même année il est fait grand-croix de Saint-Louis.

Il prend le commandement de l’escadre d’évolution le 1er mars 1776 et met son  pavillon sur le Zodiaque puis sur le Magnifique.

Fin 1776, il demande un congé de 6 mois pour être auprès de son épouse malade.

 

LA  GUERRE D'INDÉPENDANCE AMÉRICAINE

Retourné à Brest en début 1778 sur la Couronne, il participe le 27 juillet à la seconde bataille d’Ouessant.

Ce combat naval opposa la flotte française commandée par d’Orvilliers à celle de l’anglais Keppel. Les deux adversaires étaient de forces à peu près égales, une trentaine de vaisseaux et une quinzaine de frégates.

Selon l’usage, l’armée navale était composée de 3 escadres, chacune commandée par un lieutenant général : du Chaffault était à l’avant-garde sur la Couronne de 80 avec son pavillon bleu et blanc au mât de misaine, d’Orvilliers occupait le centre sur la Bretagne avec à son grand mât son pavillon blanc et enfin le Duc de Chartres (prince du sang, lieutenant général à 31 ans après seulement 3 ans de marine !!) à l’arrière-garde sur le Saint Esprit où flottait son guidon bleu au mât d’artimon.

L’engagement fut très vif dès le début. A la 1iére manœuvre, en file indienne et dans l’ordre naturel, les navires français et anglais se canonnèrent allégrement. Sans grand effet d’ailleurs, Keppel et d’Orvilliers défilant le long l’un de l’autre et filant 5 à 6 nœuds, sous leur voilure de combat. Cela ne pouvait être que trop bref pour le gain d’une bataille.

D’Orvilliers donna alors l’ordre de « virer vent devant tous à la fois » c’est-à-dire d’inverser le sens de la marche ce qui créa un désordre parmi les anglais qui n’avaient pas compris la tactique de d’Orvilliers. Et il y eut l’incompréhension des signaux par le duc de Chartres, malgré les explications de Lamotte-Picquet. L’ordre était simple : « ordre à la tête de l’avant-garde d’arriver sur l’ennemi par un mouvement successif ». La victoire française était là. Mais l’escadre bleue du duc de Chartres ne bougea pas…et l’on connaît la suite.

La bataille ne sera pas reprise. Keppel se dérobe, et durant la nuit les Anglais s’éclipsent.

Après une interruption de service, du Chaffault fut choisi pour commander la flotte combinée franco-espagnole en remplacement d’Orvilliers démissionnaire. Il crée une table des pavillons. Chaque pavillon a deux significations : une tactique et une autre géographique.

Apprenant que grâce à ses intrigues de cour, le comte d’Estaing était nommé vice-amiral de l'armée navale, se refusant, à être sous ses ordres, il préféra donner sa démission le 29 août 1780. C’est là que se termina la carrière active du marin, son dernier acte fut de régler le cérémonial de la réception dans le port de Brest, de la Surveillante restée victorieuse contre le Québec et de présider au triomphe décerné à son commandant mourant, du Couédic.

Retiré à Meslay, du Chaffault consacra ses dernières années à l’agriculture et à sa bâtisse. Son château comprenait : parc, étang, labyrinthe, et chapelle, et il possédait à Montaigu une maison équipée d'une glacière !  Outre sa pension de 15000 livres, il possédait vingt métairies et plusieurs maisons à Montaigu, il était encore seigneur de Chambretaud. Le tout lui procurait un revenu très confortable.

La révolution de 1789 le surprit dans ses douces et paisibles occupations. Il fut arrêté à Montaigu en septembre 1793 à 85 ans. Par précaution il avait enterré son argent et bijoux à Meslay. Emprisonné près de Nantes au château de Lusançay, il s’y trouvait le 17 février 1794, comme le constate le rapport de Theullier, chargé par le conseil général de la commune de Nantes d’inspecter la maison d’arrêt : « les prisonniers sont : le citoyen Duchaffault ci-devant vice-amiral du tyran, âgé de 87 ans, qui vous demande la ville pour prison… ». Cela lui sera refusé.

 

 Dans sa Biographie universelle, Michaud décrit sa captivité :« Vieillard plus qu'octogénaire mais fort et robuste, il avait une figure vénérable et de très beaux cheveux blancs. Ses compagnons d'infortune eurent bientôt des droits à ses soins, à ses veilles, aux débris de sa fortune. Des Américains, des Irlandais, des Suédois, des Allemands, détenus avec lui, respectaient dans sa personne le caractère et l'honneur français, que les révolutionnaires français cherchaient à leur rendre odieux. Un savetier, un soldat de la compagnie Marat, eut un jour l'insolence d'aller s’asseoir dans la chambre du comte du Chaffault et lui dit, en fumant sa pipe, et le tutoyant avec l'arrogance de ces temps déplorables : ton château vient d'être brulé. Les trésors que tu avais enfouis ont été découverts et confisqués. Le vieillard parut recevoir cette nouvelle avec assez d'indifférence ; mais il ne pouvait s'accoutumer aux cris épouvantables des malheureux qu'on engloutissait dans la Loire. C'est sous les fenêtres de sa prison que se faisaient les « noyades».

 

Le 07 janvier 1732, il avait épousé sa cousine germaine, Pélagie de la Roche Saint André, décédée en 1793, qui lui donna 6 enfants: 3 filles : Pélagie, Thérèse, Marie Adelaïde et 3 fils : Marie Auguste mort en 1775 à Saintes Louis René (mort en 1758 sur le Dragon) et  Julien Alexis, Chevalier de Malte. Capitaine de vaisseau en 1778, qui aurait été blessé grièvement sur la Couronne à Ouessant.

Il mourut à Lusançay le 29 juin 1794. et aurait été inhumé soit au cimetière de Chantenay, soit dans les dépendances du château de Lusançay ou, comme indiqué dans le registre des cimetières de la ville de Nantes: «  son corps fut jeté à la Loire »

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Descendants SAR: François BRILLAUD de LAUJARDIÈRE (rédacteur), Arnaud BRILLAUD de LAUJARDIÈRE, Hadrien LE DONGE, Patrick MESNARD, Olivier PARTIOT, Stéphane PARTIOT, Thomas PARTIOT, Cyril MALINET, Bruno ZELLER, Paul ZELLER.