SAR France

Sons of the American Revolution - Branche française

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Benoist de Tarlé

 

 

Benoist-Joseph de TARLÉ (1735-1797)

 

 

 Né et baptisé le 21 mars 1735 à Hondschoote (Nord), Benoist-Joseph de Tarlé est le fils de Jean de Tarlé (1692-1750), contrôleur général des finances, et de Marie-Jeanne Thérèse de Vooghelaere (1711-1752).

Benoist-Joseph de Tarlé commence en 1750, à 15 ans, sa carrière dans l’administration militaire, comme adjoint du sieur Vestu de La Thuillerie, son oncle, alors commissaire ordonnateur des Guerres de la Flandre maritime à Dunkerque. En 1757, il est chargé de la conduite et de l’établissement des troupes à Ostende et à Nieuport. En 1758, au moment de son premier mariage, M. Vestu de La Thuillerie lui fait, par contrat, donation de l’état et office d’écuyer, conseiller du Roi, commissaire des Guerres dont il était titulaire. De 1758 à 1763, il est chargé, par le maréchal de Moüy et M. de Caumartin, intendant de Flandre et d’Artois, du dénombrement de la Flandre maritime et de l’état des ressources que présentent les places de la région afin d’assurer le campement et la subsistance des troupes. De 1771 à 1775, il est chargé de la même mission pour la Flandre wallonne et l’Artois. Considéré comme un excellent sujet et l’un des commissaires qui mérite le plus, il est promu commissaire principal à Dunkerque, le 26 novembre 1776, à la demande de M. de Caumartin.

LA GUERRE D’INDÉPENDANCE AMÉRICAINE

Cette belle réputation que lui avaient gagnée ses services antérieurs, l’amène, en 1780, à la nomination d’intendant en chef de l’armée du Roi, qui s’organisait, sous les ordres du maréchal de Rochambeau pour porter secours aux insurgent d’Amérique. Il arrive à Brest en avril et embarque le 2 juillet 1780 avec M. de Rochambeau, à bord du Duc de Bourgogne, vaisseau de 80 canons, battant pavillon amiral du chevalier de Ternay. Dix navires de guerre, un navire hôpital et trente-six transports forment le convoi, portant en Amérique 6 000 hommes, 20 canons, 6 obusiers, 12 mortiers et 300 000 livres de poudre. La traversée dure dix jours et le 12 juillet le corps expéditionnaire français entre en rade de New York. Dès son arrivée, Benoist-Joseph de Tarlé adresse au général George Washington, le 15 juillet 1780, un courrier dans lequel il lui précise qu’il mettra tout en œuvre pour que la coopération entre les deux armées soit la plus parfaite. George Washington lui répond, de son quartier général à Bergen County, le 26 juillet 1780, pour lui dire qu’il est heureux d’avoir pu contribuer à l’achèvement des dispositions engagées et qu’il fera tout ce qui est en son pouvoir pour participer aux opérations d’hébergement des troupes françaises.

Benoist-Joseph de Tarlé prend part, avec Rochambeau, à la campagne de Virginie qui, par la victoire de Yorktown le 24 octobre 1781, fut décisive pour l’Indépendance des États-Unis. Le 31 octobre 1781, George Washington remercie chaleureusement Benoist-Joseph de Tarlé de l’aide qu’il a pu apporter à l’armée américaine et nous pouvons mieux comprendre le rôle qui a été le sien dans l’Indépendance des États-Unis. Ainsi durant cette période difficile où toute décision mal pensée pouvait faire échouer la mission du corps expéditionnaire de Rochambeau, il a fait preuve de caractère et de lucidité pour éviter toute fuite en avant et prendre des décisions permettant à l’armée de disposer des moyens nécessaire à la réussite de ses engagements. C’est ainsi que lors d’une demande de renforts présentée par Rochambeau à l’amiral de Grasse, il ajoute à sa lettre un mémorandum rédigé par Benoist-Joseph de Tarlé, intendant à l’armée : « L’intendant a l’honneur de faire observer à M. le Comte de Rochambeau que les fonds restant dans les coffres militaires ne seront suffisants que pour entretenir l’armée jusqu’au 20 août (1781). Le taux de change de l’argent français ici est de 30% d’escompte. On ne trouvera pas, à n’importe quel prix, assez de fonds dans ce secteur de l’Amérique pour satisfaire aux besoins de l’armée. Il y aurait les plus grands avantages à demander l’aide de la marine aux Antilles, soit 1 200 000 livres en espèces ». Aussi Benoist-Joseph de Tarlé refuse à l’amiral de Grasse un prêt sur les fonds royaux. Par l’intermédiaire du marquis de Salavedra et sur sa recommandation, l’amiral de Grasse put, cependant, obtenir des fonds de prêteurs particuliers à La Havane. C’est alors sur l’Aigrette que l’expédition a lieu. La frégate gagne La Havane où l’intendant de Tarlé prend contact avec le señor de Salavedra qui lui remit la somme de 500 000 piastres en monnaie d’or, contre reçu et promesse de gage. Jouissant de toute la confiance de Rochambeau et en raison de « l’intelligence qu’il apporte dans ses fonctions », il est fait chevalier de l’ordre militaire de Saint-Louis le 3 décembre 1781. Après avoir organisé le retour des troupes françaises, Benoist-Joseph de Tarlé, à la demande du Roi, ne rentre pas en France.

Le 31 juillet 1783 le maréchal de Ségur, ministre de la Guerre, lui fait part de la faveur que le Roi avait décidé de lui accorder en lui attribuant une pension sur le trésor royal.  Enfin, il est admis dans la Société de Cincinnatus par une délibération du 17 mai 1784 ainsi rédigée : « M. de Tarlé, intendant et second officier de l’armée française, est en droit par l’esprit et l’intention de l’institution de devenir membre de la Société des Cincinnati ».

RETOUR EN FRANCE

À son retour, Benoist-Joseph de Tarlé habite Paris. Puis il s’installe à Marolles-en-Brie où il achète le château du Buisson quelques jours avant son second mariage, le 3 août  1784, avec Antoinette d’Aure,   fille d’Antoine d’Aure, régisseur général des vivres pendant la guerre d’Indépendance américaine, qui était alors sous les ordres de son futur époux.

En 1786, il est nommé commissaire ordonnateur du Soissonnais et, en 1788, le ministre Brienne ayant fait supprimer les charges de commissaires, il est mis à la retraite avec une pension de 4 000 livres. Maire de Marolles-en-Brie, il est nommé, le 10 octobre 1791, administrateur du directoire du district de Corbeil et élu vice-président.

Il semble que Benoist-Joseph de Tarlé ait traversé la Révolution sans être inquiété et qu’il ait bénéficié de la protection des habitants de Marolles.

 

Benoist-Joseph de Tarlé meurt le 7 nivôse an VI (27 décembre 1797) au château du Buisson à Marolles-en-Brie (Val-de-Marne).

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Descendants SAR : Eric Jayet (rédacteur), Guilhem de Tarlé, Jérôme de Tarlé, Arnaud de Tarlé, Patrick de Tarlé, Patrice Azaïs, Aymeric Gautier de La Plaine, Alexis Gautier de La Plaine, Thibault de Lagasnerie, Tristan de Lagasnerie, Hugues de Phily.