SAR France

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Georges Frédéric Dentzel

 

 

Georges Frédéric DENTZEL (1755-1828)

 

 

Fils d'un boulanger de Bad-Dürkheim, dans le Palatinat, Georg Friedrich Dentzel y est né le 16 juillet 1755. Il étudie la théologie luthérienne aux universités de Halle et de Iena puis s'engage comme aumônier dans le Royal-Deux-Ponts Infanterie, un régiment germanophone de l'armée française que le duc de Deux-Ponts avait acheté pour son fils et qui recrutait principalement en Allemagne, en Alsace et en Suisse. C'est l'un des rares régiments français de l'époque à avoir un aumônier protestant en plus d'un aumônier catholique, les alsaciens et les étrangers ayant le droit de pratiquer un autre culte que le catholicisme. Avec son régiment, Dentzel fait la guerre d'Indépendance américaine dans le corps expéditionnaire de Rochambeau. Il assiste à la bataille de Yorktown en 1781. Après la guerre, quand le contrat de Dentzel arrive à échéance, le Royal-Deux-Ponts est en garnison à Landau, ville qui était alors française depuis 1648. L'aumônier sur le point d'être démobilisé a l'opportunité de succéder au pasteur de Landau à condition d'être naturalisé français, ce qu'il obtient en mars 1784 : il s'appelle désormais Georges Frédéric Dentzel. Il devient donc premier pasteur et président du consistoire de Landau. Il épouse la même année Sybille Louise Wolff, fille du bourgmestre de la ville.

 

Homme des Lumières, acquis aux idées libérales depuis ses études universitaires, Dentzel s'enthousiasme pour la Révolution française et fonde en 1790 à Landau une garde nationale et une Société des amis de la Constitution. Il est élu en 1793 député du Bas-Rhin à la Convention nationale. Désigné par ses collègues conventionnels pour être représentant en mission à l'armée du Rhin, il revient à Landau qui ne tarde pas à être assiégée par les Prussiens et leurs alliés. Dentzel organise la défense de Landau. Les assiégeants finissent par se retirer sans prendre la ville. Le représentant en mission s'étant fait des ennemis par la manière dont il a dirigé la défense de sa ville adoptive, il est rappelé à Paris et arrêté sur l'ordre de Danton. Blanchi, il est libéré et reprend son siège de député à la Convention. Sous le Directoire, il est élu au Conseil des Anciens. Le 3 décembre 1795, il prend la précaution de demander au ministre de la Guerre le grade d'adjudant général qu'il obtient dès le 5 février suivant, ce qui lui ouvre de nouvelles perspectives de carrière. Il est affecté à l'armée de l'Intérieur le 23 mars 1796 mais est réélu au Conseil des Anciens le 13 avril 1798.

 Le coup d'État du 18 brumaire met fin à sa carrière politique. Le lendemain, lors du vote au Conseil des Anciens, ses convictions républicaines lui donnent le courage de voter contre Napoléon Bonaparte. Conscient des conséquences fâcheuses de ce vote et de ces événements pour sa carrière, Dentzel demande et obtient sa réintégration dans l'armée mais on le nomme directeur de l'hôpital militaire du Mans, fonction habituellement confiée à des officiers retirés du service, puis administrateur de l'hôpital militaire de Landau. Malgré ses demandes d'affectation et ses démarches pour obtenir de rester en activité il est mis à la retraite dès 1801. Il s'installe alors à Versailles, à l'Ermitage, un ancien domaine de la marquise de Pompadour qu'il a acheté en 1799 après avoir cédé les biens qu'il possédait à Landau.

 Les demandes répétées de Dentzel pour être réintégré dans le service actif aboutissent enfin en 1806 : il est nommé auprès du vice-roi d'Italie Eugène de Beauharnais puis en Allemagne. Il commande les places de Weimar, Varsovie et Vienne occupées par l'armée française. Il est affecté à l'armée d'Espagne en 1810-1811 où il est blessé à Valverde devant Badajoz le 17 mars 1810, puis à l’État-major du maréchal Davout, prince d'Eckmühl, à Hambourg en décembre 1811. Il fait la campagne de Russie en 1812, est en Saxe en 1813 où il participe à la bataille de Dresde, puis fait la campagne de France.

 

Il est fait chevalier (14 mai 1807) puis officier (9 août 1813) de la Légion d'honneur et est titré baron par Napoléon Ier le 29 juin 1808. Sa carrière militaire se termine à la fin de l'Empire : il est nommé général de brigade le 3 avril 1814, la veille de l'abdication de l'Empereur, puis mis en non-activité. Cette dernière promotion lui est confirmée deux fois par Louis XVIII les 3 janvier et 29 novembre 1815 sous le nom de maréchal de camp, ce grade, disparu en 1793, étant rétabli sous la Restauration. Il est fait chevalier de Saint-Louis le 20 août 1814. Nommé à l’État-major du duc de Berry en mars 1815, il est affecté à l’État-major général de l'armée pendant les Cent-Jours puis est définitivement mis à la retraite en novembre 1815.

 Georges Frédéric Dentzel se retire à Versailles sous la Restauration, où il est membre du consistoire luthérien. Décédé le 7 mai 1828 à Versailles, il y est inhumé dans ce qui était alors le carré protestant, au cimetière Notre-Dame.

 

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Descendant SAR :         Jean-Mathieu Robine  (rédacteur)