SAR France

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François PÉNEAU

François PÉNEAU (1753-1830)

 

 

Chirurgien major des vaisseaux du Roi de 1777 à 1783, François Péneau est né le 19 décembre 1753 à Vatan (Indre) de Louis Péneau et Angélique Baron, tous les deux originaires d’Issoudun (Indre).  Après avoir été élève en chirurgie à Issoudun chez Pierre Pellerin de 1772 à 1774, il obtient un brevet de chirurgien délivré par la communauté des chirurgiens de la ville d’Issoudun. Il fait ensuite des études de médecine à Paris où il obtient un diplôme d’anatomie et d’opérations de chirurgie le 11 octobre 1777. A cette date, il est recruté comme chirurgien auxiliaire de la marine par le docteur Poissonnier (1720-1796), qui dirige le service de santé de la marine à partir de son domicile parisien (l’ancien hôtel Trudaine) dans le Marais.

A son arrivée à Brest, il est examiné pendant 48 heures par Herbin, médecin chef, et Billard chirurgien en chef. Il est alors embarqué pour 19 mois, du 20 novembre 1777 au 16 juin 1779, sur le vaisseau de 74 canons, le Fendant commandé par le marquis de Vaudreuil. Ce bateau de 1400 tonneaux est le premier bâtiment construit sous cale couverte à Rochefort.

Le vaisseau est doté d’une équipe de 8 chirurgiens dont les rôles d’équipage  disent les permutations et la vie dangereuse : Yves Nielly en est le chef (chirurgien major breveté par le Roi à 100 livres par mois, ce membre d’une famille maritime célèbre fera 12 campagnes dans sa vie). La place de deuxième chirurgien à 50 livres par mois est occupée par François Péneau, qui a sûrement été brillant lors des examens déjà évoqués pour occuper si rapidement une telle fonction.

Le rôle d’équipage nous apprend que François Péneau a séjourné à l’hôpital de Brest du 1er janvier 1778 au 13 août 1778 et qu’il n’est pas à bord lors du combat d’Ouessant le 28 juillet 1778. Revenu sur son vaisseau, Péneau voit se former la Division Sénégalaise du marquis de Vaudreuil (Fendant 74 canons, Sphinx 64 canons, Nymphe 32 canons, Résolu 32 canons, Epervier 16 canons, Lively 16 canons, Gorée 14 canons et Lunette 12 canons). Sur le Lively, le chirurgien major est Tavet de Courteilles et sur l’Epervier c’est Larrat de Lafitte, deux hommes célèbres dont l’histoire est connue des spécialistes. La division quitte Quiberon le 19 décembre 1778 vers l’Afrique. Saint Louis du Sénégal que les Anglais occupent depuis 1758, capitule le 31 janvier 1779. Le Fendant s’en va alors à la Martinique. Le nombre de malades l’oblige à faire escale aux Canaries du 7 au 10 mars. Il arrive à Fort Royal de la Martinique le 21 avril 1779.  François Péneau y est débarqué le 16 juin pour aller sans doute à l’hôpital.

Le deuxième vaisseau, qui voit François Péneau monter à bord comme chirurgien major à 100 livres par mois, est l’Auguste (C6 533), pour assurer pendant un mois et 20 jours (du 11 août au 30 septembre 1779) l’intérim entre deux chirurgiens de métier brevetés par le Roi, Nicolas et Letendre. C’est une grande preuve de confiance car le vaisseau est un vaisseau amiral (80 canons, 1900 tonneaux). Le chef d’escadre est le comte de Rochechouart. Péneau a deux seconds, Girardet et Dacot. Il a un apothicaire et trois aide-chirurgiens. Ce vaisseau participe à la campagne de la Manche.

Le troisième embarquement de François Péneau se fait à Nantes le 30 novembre 1779 sur la frégate L’Émeraude  et va servir jusqu’au 6 janvier 1782. L’Émeraude est un bâtiment de 600 tonneaux et 33 canons, commandé par le lieutenant de vaisseau de Suzannet. Il capture un sloop anglais au large de la Chesapeake, et Rochambeau rentrera en France sur ce navire en 1783. François Péneau a un second, un apothicaire et deux aide-chirurgiens.

Le quatrième embarquement se fait du 17 mars 1782 au 16 septembre 1782 sur la frégate la Renommée (C6 817), bâtiment de 600 tonneaux et 40 canons, qui avait connu en 1776 une grave avarie sur un récif. Celle-ci est commandée  par le lieutenant de vaisseau de La Prévalaye.

Le dernier embarquement de Péneau du 1er janvier 1783 au 18 juin 1783 se fait sur la frégate L’Astrée, navire de 40 canons et 750 tonneaux, commandé également par le lieutenant de vaisseau de La Prévalaye. Ce bateau avait contribué en août 1782 à la destruction des comptoirs anglais de la baie d’Hudson et antérieurement à celle de L'Hector que les britanniques avaient capturé aux Saintes et tentaient d'emmener en Angleterre.

Voici terminée la guerre d’Amérique. L’Astrée qui était sorti de Brest le 11 février 1783 et qui était à Saint Domingue le 11 mars, revient à Brest. François Péneau est libéré le 7 juillet 1783. Il semble rester dans les hôpitaux jusqu’au 9 janvier 1784. Il reçoit 195 livres pour regagner Paris depuis Brest. Il obtient aussi un certificat de service de chirurgien-major du Département de la Marine de Brest avec les appréciations suivantes : « Nous premier médecin Chirurgien Major de la Marine et Démonstrateur au Port de Brest certifions que le sieur François Péneau d’Issoudun en Berry a servi dans ce département en qualité de chirurgien tant dans les hôpitaux de la Marine que sur les vaisseaux du Roi pendant l’espace de six ans (…), qu’après avoir donné des preuves de ses capacités, il a obtenu le grade de chirurgien major dont il a rempli les fonctions dans trois campagnes à la satisfaction des états-majors qui en ont rendu les témoignages les plus avantageux.»

Sa carrière militaire est terminée et il rentre à Issoudun où il deviendra médecin dans cette ville. Il se mariera deux fois, d’abord le 18 janvier 1785 avec Marie-Anne de La Lande (1760-1787) fille de Guillaume de La Lande, bourgeois d’Issoudun, et Anne Louise Sarrebourse, dont il n’aura pas d’enfants, et ensuite, devenu veuf, le 2 mai 1795 avec Marie-Victoire Gilbert (1766-1836), fille de Félix Gilbert, contrôleur-receveur des Aides et Marie-Thérèse Amourette.

Ils auront deux enfants, dont l’un, Pierre-René Péneau (1797-1868), a une descendance actuelle relativement nombreuse, dont certains membres possèdent encore la longue vue et la scie d’amputation de François Péneau.

François Péneau meurt à Bourges (Cher) chez son fils le 16 mars 1830.

 

 

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Descendants SAR: Benoît TARDY (rédacteur), Jean-Baptiste TARDY