SAR France

Sons of the American Revolution - Branche française

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Jean Antoine d'Aure

 

 

 

Jean Antoine dAURE  (1730-1802)

 


 

 

 

Né et baptisé le 2 décembre 1730 à Lourdes (Hautes-Pyrénées), fils de Jean Hector dAURE (1696-1762), maire de Lourdes, et dAntoinette de NORMANDE 1705-1739), Antoine dAure est le sixième dune famille de 11 enfants.

Très jeune, il quitte Lourdes et entre dans ladministration militaire.

Lors de la guerre de Sept Ans (1756-1763), il fait partie des troupes françaises qui séjournent en Allemagne. Cest à cette époque quil fait la connaissance dAdélaïde de Wilkinghoff (1734-1791) quil épouse en 1760 à Wesel en Westphalie.

Ils eurent quatre enfants :

-                 Antoinette dAure (1763-1834) épouse Benoist-Joseph de Tarlé (1735-1797), intendant général à larmée de Rochambeau,

-                 Hélène  dAure(1765-1848) épouse Louis de Boissière(1762-1829),

-                 Jacquette dAure (1772-1843) épouse Louis François Passy,

-                 Hector dAure (1774-1846), ordonnateur en chef à larmée dÉgypte, puis à larmée de Saint-Domingue, ministre de la Guerre, de la Marine et de la Police du roi de Naples, intendant général des armées, sans alliance.

 

En 1762-1763, Antoine dAure est chargé de la fourniture des vivres à Wesel (Allemagne).

De retour en France, il devient régisseur des droits réunis pour le roi et sinstalle à Courbevoie ; en même temps, il prend à bail pour neuf ans, en 1770, deux moulins à farine sur le Croult à Saint-Denis : le moulin Choisel, rue Saint-Rémy, et le moulin Basset.

En 1779-1780, il est au Havre garde-magasin de la régie générale des vivres. Il achète alors deux navires, le Marie-Joseph quil arme pour Les Cayes-Saint-Louis (Haïti) et le Louis-Auguste pour le Cap-Français, aujourdhui Le Cap-Haïtien (Haïti).

 

LA GUERRE DINDÉPENDANCE AMÉRICAINE

 

De 1780 à 1783, il participe à la guerre dIndépendance américaine en qualité de régisseur général des vivres à larmée de Rochambeau.

En mars 1780, La Fayette embarque sur lHermione, accompagné, entre autres, par le commissaire des guerres Dominique Éthis de Corny, chargé de la préparation du débarquement et du ravitaillement du corps expéditionnaire. Un mois après, Antoine dAure part dans lescadre de Ternay sur La Comtesse de Noailles, marchand de 420 tonneaux, qui transporte une vingtaine dofficiers et deux compagnies et demie du régiment de Royal-Deux-Ponts.

Nous navons pas beaucoup dinformations sur les actions dAntoine dAure pendant la guerre dIndépendance américaine, en dehors de ce que raconte, dans son Journal de campagne, le commissaire des guerres Claude Blanchard :

 

Le 27 [septembre 1781], M. de Chastellux [major général] fit au régisseur des vivres M. Daure une scène très vive et très déplacée sur ce quil ny avait du pain que pour deux jours, tandis quil en avait annoncé pour quatre, alors que M. de Chastellux devait se mettre en marche le lendemain. Je naime pas ce régisseur ni, en général, ladministration des vivres qui a trop de prétentions et qui souvent entrave les opérations par ses formes méticuleuses. Mais, en ce moment, M. Daure navait aucun tort ; sans voitures, sans bois, dans un pays dénué de tout absolument, il fallait tout créer, il lui était impossible de faire mieux, et M. de Chastellux fut non seulement injuste alors, mais il neut guère le ton dun philosophe.

 

RETOUR EN FRANCE

 

À son retour en France, Antoine dAure sinstalle à Paris et rend ses comptes à lintendant en chef Benoist-Joseph de Tarlé qui deviendra son gendre en 1784. Cest alors qu'avec son frère Cyprien, ils décident de présenter tous les deux une requête à Pau en vue de faire confirmer leur noblesse. Le 27 février 1787, la cour des aides du parlement de Navarre rend une ordonnance prescrivant une enquête ; les deux frères mirent alors deux années pour réunir les pièces établissant le rattachement de la branche cadette de Lourdes aux comtes dAure. Mais, lorsque le collège électoral des États Généraux est convoqué en 1789, il est trop tard pour que les dAure figurent dans lordre de la noblesse.

À cette époque, Antoine dAure vient de sinstaller rue Royale à Paris. Il chaperonne son jeune « neveu », le futur conventionnel Bertrand Barère de Vieuzac (1755-1841), lors de son arrivée à Versailles comme député. Il lintroduira dans quelques nobles maisons à l'époque où il porte encore le titre de baron de Vieuzac.

Lorsque, en 1793, M. de Malesherbes se charge de la défense de Louis XVI devant la Convention, Antoine dAure, avec qui il est intimement lié, accepte de lui organiser une entrevue avec Barère, accusateur du Roi lors de son procès. Les discussions ont-elles pour objectif de négocier le salut du Roi ? Personne nen saura rien, même si lentretien se termine par cette phrase de Barère à M. de Malesherbes : Monsieur, si je nétais à ma place, je voudrais être à la vôtre. Léchafaud népargnera ni le Roi, ni son courageux avocat.

Labondante correspondance entre Antoine dAure et son fils Hector, en particulier pendant la campagne dItalie, est une mine dinformations sur les évènements de cette période, sur les sentiments républicains dAntoine dAure, sur la vie parisienne de lépoque, sur ses réseaux damitiés et sur la tendresse qu'il exprime envers ses enfants.

Dans ses Mémoires, le général Thiébault raconte quau début de lan IX, le Premier Consul porte, pour la première fois, lors dune réception dans les salons des Tuileries, une épée, commandée au joaillier Nitot, à la garde de laquelle figure le Régent. Or, avant dêtre suspendue au baudrier du Premier Consul, lépée a brillé, moins solennellement, au côté dAntoine dAure. Elle vient de la manufacture darmes de Versailles et Antoine dAure compte au nombre de ses amis un des officiers attachés à la manufacture, le futur baron Raffron. La veille du jour où larme devait être envoyée à Paris, M. Raffron croit faire plaisir à Antoine dAure en lui apportant chez lui lépée du Premier Consul. Quand lépée fut sortie de son fourreau, il admire létincelante garniture de diamants qui scintille au soleil. Puis, il se colle lépée au flanc et fait quelques pas dans son jardin en disant, avec un léger accent méridional : Eh donc ! Ce petit Bonaparte va se f... au c... les diamants de la Couronne ! Bientôt, il se mettra une couronne sur la tête. Il sen mettra deux ! Il sen mettra tant quil culbutera !

 

Antoine dAure meurt le 10 octobre 1802 (18 vendémiaire an XI) au 14, rue Saint-Marc à Paris IIe et il est inhumé au cimetière Montmartre à Paris.

Linventaire de ses biens, dressé par Adrien François Antheaume, notaire, signale des créances restant à exercer sur le Congrès des États-Unis dAmérique... Mais on sait quà cette époque, les Américains ne paient pas leurs dettes !

 

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Descendants SAR : Eric JAYET Jérôme VINOT PRÉFONTAINE, Jean-Michel SAINT GIRONS (Rédacteur), Mathieu SAINT GIRONS, Olivier SAINT GIRONS, Alexis REVEL de BRETTEVILLE