SAR France

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Nicolas Denis Brisout de Barneville

 

Nicolas Denis Brisout de Barneville

 

 

               NICOLAS DENIS BRISOUT de BARNEVILLE (1749-1842)

 

 

Né le 7 octobre 1749  en la paroisse de St Denis à Rouen.

Secrétaire du baron Viomenil en 1773, il fut nommé sous lieutenant attaché au corps de l'infanterie le 5 novembre 1779.

 

La Guerre d'Amérique.

 Le 2 mai 1780 il s’embarque à Brest pour les Amériques comme aide de camp de Viomenil à bord du vaisseau le Conquérant et commence à écrire son « Journal de guerre (mai 1780- octobre 1781) ». Il ne s’agit que d’un journal de bord relatant sans commentaires personnels les évènements et incidents marquants de la traversée

 

Il relate avec précision l’engagement des vaisseaux français contre l’escadre anglaise au large des Bermudes. Il retrace avec détails et  croquis à l’appui les positions de navires des deux flottes durant les différentes phases de combat

 

Arrivé à Newport il dépeint les effectifs en place, l’état des approvisionnements, la teneur des marchés à négocier pour ravitailler l’armée, le prix à payer aux fournisseurs pour les provisions nécessaires aux hommes et aux chevaux  ainsi que les difficultés rencontrées pour mettre sur pied et équiper des unités combattantes

 

En mars 1781 il participe à l’expédition de l’escadre Destouches destinée à rallier la baie de Chesapeake et au combat qui en découla.

 

En juin 1781 il quitte Newport avec l’armée française pour rejoindre la ville de Williamsburg ; il  participe ensuite au siège d'Yorktown et assiste à la capitulation de Lord Cornwallis en octobre 1781 : il décrit les équipements, le ravitaillement et les manœuvres  de l’armée engagée dans ces combats.

ll laisse aux historiens un document d’une grande précision  leur permettant de porter un regard extrêmement concret et factuel sur la vie de l’armée française lors de cette expédition sur le nouveau continent.

 

De retour  en France  en février 1782, il repart en  Amérique septentrionale (Philadelphie) en juillet 1782 sur la frégate l’Aigle avec le baron  de Vioménil et en septembre il participe au combat victorieux  contre le vaisseau l’Hector (ancien vaisseau français pris par les anglais ) de 74 canons. Quinze jours après ce combat la frégate se trouvant à  4 ou 5 lieux des terres au large de Philadelphie et dans l’impossibilité d’échapper aux Anglais qui la poursuivaient, il fut chargé par le baron Vioménil de sauver à travers les terres les lettres des ministres de Versailles destinées aux armées française et américaines. Il parlait anglais et cela l’aida à remplir avec succès cette mission. Il trouva  ensuite les voitures nécessaires au transport terrestre des 2 millions en argent comptant débarqués par chaloupes de la frégate avant la prise du navire par les Anglais durant la nuit.

 

Après la guerre d'Amérique.

Après un passage en Amérique espagnole avec l’armée française commandée par le baron de Vioménil, il revient en France au début de l’année 1783.

Il obtient une charge de commissaire des guerres par décision du roi le 18 novembre 1784.

Il perfectionna la machine à filer qu'avait inventée son père vers 1749  et obtint des filés de coton pour mousselines d'une finesse exceptionnelle. Le roi Louis XVI honora de sa visite son établissement de filature.

En février 1788 le gouvernement voulut propager cette invention et fit l'acquisition de deux de ses machines. Une construite pour 128 ouvriers fut envoyée à Rouen sur ordre du ministre dans les ateliers de l'Aitre-Saint Maclou .

 

Élève commissaire des guerres surnuméraire à la seconde division de Lorraine en avril 1788, il obtient un congé, d’abord jusqu’au15 décembre 1788, puis 1er avril 1789, puis juin 1789, afin de parfaire sa machine.

Mais, en juillet 1789 une émeute ayant éclaté dans cette ville, car des métiers anglais venaient d'y être importés, les émeutiers détruisirent par erreur sa machine .

Le 27 Août 1791 le ministre de la guerre l’enjoint de rejoindre Auxerre puis Troyes afin de procéder à la formation des gardes nationales des départements de l’Yonne et de l’Aube.

Nommé commissaire des guerres à l'armée du Nord le 1er octobre 1791, il rejoint Maubeuge le 29 décembre 1791 comme commissaire des guerres.

Accusé de négligence lors de l'évacuation de Namur, il est arrêté avec le général d’Harville le 1er avril 1793. Conduit pour être enfermé au Luxembourg à Paris et être traduit devant le tribunal révolutionnaire en vertu d'un décret de la convention du 15 avril 1793, il est innocenté des accusations portées contre lui le 9 thermidor, et est libéré le 1er fructidor an 2 (18/08/1794).

Il proposa à la convention  d'établir une manufacture de mousseline pour ruiner le commerce anglais des Indes: la convention lui alloua le 7 frimaire an III (27/11/1794) une somme de deux cent mille francs  sur 10 ans sans intérêts et lui versa cent vingt mille francs en assignat ... la dépréciation de la monnaie mit un terme à  ce projet.

Par décision ministérielle il intègre l’hôtel des Invalides avec pour charge  la vérification des comptes  le 15 août 1798 et réintègre le 17 décembre 1798 ses fonctions de commissaire aux guerres.

Le 28 juillet 1800 il est nommé commissaire  avec rang d’ordonnateur et participe aux campagnes  de l'an VIII et IX avec l’armée de réserve en Suisse et dans l’armée des Grisons sous les généraux Mac Donald et Brune puis exercera ses fonctions à Valenciennes  en l'an X jusqu'en 1814.

 

Mis à la retraite en 1816, après 42 ans de services effectifs dont 9 campagnes, il fut élevé le 18 décembre 1817 au rang de chevalier de St Louis. Il reçut cet honneur des mains du maréchal de France Viomenil délégué par le ministre de la guerre le duc de Feltre.

Après une dernière tentative infructueuse pour remettre sur pied son métier à filer dont il avait retrouvé des débris au Conservatoire des Arts et Métiers, il retourna alors à son ancienne passion: le jeu d’échecs. Avec la Restauration, ce jeu ayant connu un réel renouveau, notamment dans les cercles du Faubourg Saint Germain, il y développa une véritable notoriété. 

 

Lorsqu’il décéda  le 26 Mars 1842 (à l’âge de 93 ans) Le Palamède, revue mensuelle des joueurs d’échecs, lui consacra un long article nécrologique dont s’inspira  Mery dans le portrait du « Joueur d’échecs » qu’il composa pour les Français peints par eux mêmes :

Voyez au club Menars ce noble et frais chevalier de Barneville. C’est le contemporain de Philidor et de J-J Rousseau; il a joué avec Emile et Saint Preux au café Procope, il a reçu la pièce du grand Philidor. Louis XV régnant, il commençait sa partie par le coup du "Berger classique", à deux heures après midi avec quelques encyclopédistes du Faubourg Saint Germain; aujourd’hui, à la même heure, il débute par le « Gambit » du capitaine Evans avec M de Jouy, avec M de Lacretelle, avec Gay. Cette figure de vieillard si fraîche, si calme, si bonne a gardé les mêmes expressions de joie après une victoire, le même rayonnement de bonheur qui éclatait devant J-J Rousseau et d’Alembert.

 

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Descendants SAR:  Patrick Brisout de Barneville(rédacteur)