SAR France

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André Pierre Haudry de Janvry

André Pierre HAUDRY de JANVRY (1768-1843)

 

 

 André Pierre HAUDRY de JANVRY (1768-1843)

 

 

 

 

 

ORIGINES

Il est né le 16 janvier 1768 à Paris, rue du Boulloi, dans l’hôtel de son père André Pierre Haudry de Soucy qui devait quelques mois plus tard succéder à son propre père comme fermier général. Sa mère, Justine Payneau, est la fille de Louis Jacques Payneau, « intéressé dans les affaires du Roy », et d’Anne Le Roy, d’une famille de riches financiers.

Baptisé le lendemain à Saint-Eustache sous le nom d’Haudry de Soucy, il portera celui d’Haudry de Janvry, du nom d’une seigneurie, voisine de Soucy, que le premier fermier général, André Haudry, annobli par sa charge de secrétaire du Roi détenue de 1740  à 1760,   son grand-père, avait achetée en 1764 au duc de Noailles qui la tenait de son aïeul, M Heusch.

 

LA GUERRE D'AMÉRIQUE

Début 1781, son père ruiné par Mademoiselle Laguerre, de l’Opéra,-qui avait déjà fait subir le même sort au duc de Bouillon- est déclaré en faillite. Ses biens sont vendus et il doit quitter la Ferme Générale, ce qui lui permettra de sauver sa tête lors du procès des fermiers généraux.

 

 André Pierre, alors âgé de treize ans, s’engage en septembre 1781  comme volontaire sur le Marquis de Castries, à Lorient. Ce bâtiment, armé en flûte, rejoint à Brest l’escadre de Guichen qui doit escorter des navires destinés aux Antilles et à l’Ile de France.  Malheureusement, le 12 décembre 1781, à 180 miles à l’ouest de Pen March’, par vent faible et temps très brumeux, le convoi, non encore scindé, tombe dans une escadre anglaise de douze vaisseaux, aux ordres de l’amiral Kemperferld. Quinze des dix-neuf vaisseaux de Guichen, mal placés sous le vent, ne purent le secourir. Les Anglais prirent quatorze ( ou vingt-quatre ?) navires chargés de 1 800 hommes, 85 000 boulets et 71 canons. Vaudreuil put rejoindre les Antilles avec cinq vaisseaux ; le Neptune Royal et le Marquis de Castries dont le gaillard d’arrière avait reçu un boulet destiné à L’Actif (ou au Bretagne ?) rallièrent, après une traversée très difficile de quatre mois, l’Afrique du Sud et, de là,  Port-Louis (Ile de France).

 

André Pierre passe alors sur Le Hardi en qualité de lieutenant de frégate pour la campagne. Il vient juste d’avoir quatorze ans. Ce vaisseau de 64 canons, aux ordres de Cramazel de Kerhué, futur victime de Quiberon, part escorter, avec trois autres  et une frégate, un convoi de trente-six bâtiments emmenant le marquis de Bussy et des renforts. Cette flotte recherche en vain Suffren à l’Ile Bourbon, aux Seychelles et à Sumatra et finit par le rejoindre sur la côte indienne, à Trinquemalé, le 10 mars 1783. LE HARDI prend part à la bataille de Gondelour, livrée contre l’escadre de l’amiral Hughes le 20 juin suivant, donc après la signature du traité de Paris dont la nouvelle n’était pas encore parvenue en Inde. Le Hardi, à l’arrière-garde, essuie les bordées du Monmouth et du Bristol qui  cassent son mât de hune ; André Pierre est blessé à une main. Il combat encore devant Pondichery et est désigné, en dépit de son jeune âge, comme officier de quart.

 

LA SUITE DU PARCOURS

De retour à Toulon mi-1784, il y est nommé aide de port sous les ordres d’Albert de Rions qui attestera plus tard de « son intelligence, (de) son zèle et (de) son assiduité ». Il passe en 1786 au Havre comme sous-lieutenant de port et enseigne. En août 1789 il reçoit le commandement de La Normande, flûte, aviso ou gabarre selon les sources, construite  sur les plans de Forfait, futur ministre de la Marine. Pendant trois mois il transporte du bois de construction entre Lorient, Brest et Le Havre. En août 1791 il se porte volontaire pour repartir pour l’Ile de France mais l’équipage est dejà au complet. Il est promu lieutenant de vaisseau et de port en juillet 1792.

 

Comme beaucoup d’officiers de marine dont l’expérience fera cruellement défaut à la flotte impériale, il émigre alors à Londres. Il survit en peignant des miniatures dont certaines sont aujourd’hui dans les musées de Londres et Brighton mais ne rejoint aucun corps d’émigrés pour ne pas, écrira-t-il plus tard, « porter les armes contre ses compatriotes ».Il se lie avec le  philosophe et député libéral Edmund Burke.

 

 

De retour en France en 1801, il refuse la proposition de Forfait, devenu Ministre de la Marine, de réintégrer celle-çi avec un avancement, préférant « rester fidèle à ses convictions et ne pas servir d’autres princes que son Roi ». Il crée alors  rue Martel à Paris une société produisant des objets en ferblanterie ou en carton recouverts de vernis et dépose en 1808 un brevet sur un procédé de « laque française » sur carton.

 

Mais le cours de sa vie change à nouveau à la fin de 1809 lorsqu’il est nommé par l’Empereur receveur général des Ardennes à l’occasion de son mariage avec Désirée Corpron de Launay, lectrice de la Reine Hortense, fille d’un négociant de Nantes également établi à Saint-Domingue et de sa femme, attachée à la Maison de l’Impératrice Josephine et professeur de dessin de ses enfants. Quinze mois plus tard, dans la chapelle des Tuileries, Napoléon-Louis, grand-duc de Berg, fils aîné du roi et de la reine de Hollande, et la Reine Hortense elle-même tiennent sur les fonds baptismaux son fils André Napoléon. En août 1813, il est mis en cause pour la gestion hasardeuse de sa Recette Générale. Après enquête, il apparaît que sa bonne foi a été trompée par son fondé de pouvoirs. Il fait alors appel à ses relations pour couvrir ses pertes mais doit quitter ses fonctions.

 

La première Restauration le voit nommé chevalier de Saint-Louis le 24 septembre 1814 et capitaine de frégate le 31 décembre suivant. Il est mis à la retraite le même jour. Cependant, le 31 mai 1815, peu avant Waterloo, il offre, sans succès, ses services au duc Decrès, ministre de la Marine , pour servir dans les régiments de canonniers de la Marine engagés dans la défense de Paris ; il ne demande aucun appointement, « heureux, écrit-il, si je puis faire connaître mon attachement à la cause générale de ma patrie .»  Après avoir en vain proposé d’abandonner sa pension de 400 livres s’il était nommé, sans pension, capitaine de vaisseau « comme ses camarades », il en sollicitera sans succès, jusqu’en 1832, la revalorisation. Mais les bureaux ont de la mémoire et une de ses requêtes est apostillée : « voir sa lettre au duc Decrès ».

 

S’ouvre alors une période difficile : Il participe avec son cousin le chevalier de Montullé à la création en 1819 de la Compagnie des sels de mer, s’intéressant aux marais salants, mais gagne surtout sa vie grâce à sa maitrise de l’anglais : il traduit en français « Les discours de Pitt et Fox au Parlement d’Angleterre » (12 volumes, trois éditions), ceux de Canning, puis « Le village de Mariendorpt », d’ Anne Marie Porter.

 

Il décède à Paris le 21 octobre 1843, laissant derrière lui son épouse, à qui Napoléon III accordera une pension, deux filles dont une se mariera au baron Oulry d’Ingrandes et son seul fils, chef de bureau à la Préfecture de la Seine. La protection de l’Empereur – et ses talents, que vante dans ses Mémoires le baron Haussman- le porteront aux fonctions de conseiller d’État et de secrétaire général du Ministère des Finances qu’il quittera à la chute de l’Empire.

 

 

 

 

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Descendants SAR : Hervé CHOPPIN de JANVRY , Philippe CHOPPIN de JANVRY (rédacteur) et Stanislas CHOPPIN de JANVRY, (ses descendants à la cinquième et sixième génération).