SAR France

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Pierre Laprun

 

 

 

Pierre LAPRUN (1737-1822)

 


 

C'est en Champagne, dans le petit village de  Bannes (situé à une dizaine de kilomètres de Fère-Champenoise), que Pierre voit le jour en 1737.La présence de la famille Laprun y est attestée depuis la fin du XVIe siècle.

Sur sa maison natale, une plaque commémorative rappelle qu’est né ici un général d'artillerie. À quelques centaines de mètres, une rue du général Pierre Laprun honore aujourd'hui sa mémoire.

À l'âge de 18 ans, en 1756, Pierre Laprun est tiré au sort pour la conscription et entre comme soldat dans la milice de « Chalons en Champagne ». Il y sert en qualité de fusilier pour une durée de sept ans, comme c'est la règle. Bien que l'armée royale soit une armée de métier, certaines classes de la société, essentiellement issues de la France rurale, doivent fournir un contingent.

Le soldat Laprun quitte Chalons et va servir en Allemagne de juin 1757 jusqu'en 1762 pendant la guerre de Sept ans. Il prend part à différents combats :

- défense de Wesel (1758), bataille de Minden (1759), bataille de Corbach (1760), défense de Göttingen et siège de Wolfenbûttel (1761), défense de Cassel (1762).

                                    

De retour à Bannes, son temps de sept ans achevé, Laprun hésite entre un avenir tout tracé sur sa terre natale ou poursuivre une carrière militaire. Selon une tradition familiale sa décision de retourner dans l'armée est motivée par un différend avec son père: alors qu'il conduit sa famille dans une voiture à cheval, celle-ci verse dans le fossé, à la suite d'une fausse manœuvre. Son père, exaspéré, lui envoie un coup de fouet. Ce geste malheureux fut sa chance.

Laprun réintègre sa brigade qui avait été envoyée à Auxonne. Il est nommé sergent le 1er janvier 1764, premier grade des bas-officiers. Dès l'année suivante, distingué par ses supérieurs, il est promu fourrier, c'est-à-dire chargé de tâches administratives. Il a la joie en 1767, à 30 ans, de prendre rang comme officier avec les galons de lieutenant en second dans son régiment d’Auxonne-artillerie. Il rentre ainsi dans une classe particulière celle des officiers dits de fortune, c'est-à-dire parvenu par le rang.

 

LA GUERRE D’INDÉPENDANCE AMÉRICAINE (1778-1783)

Le 6 février 1778 un traité d'alliance et de commerce est signé à Paris entre les Américains et les Français. En mai de la même année c'est l'état de guerre entre la France et l’Angleterre. Conjointement  avec les Espagnols est décidée une stratégie d'intervention directe en Angleterre : dominer la Manche pendant les quelques jours nécessaires pour le passage des troupes, pouvait être tout à fait réalisable. L'été 1778 une concentration importante d’hommes est regroupée en Normandie et en Bretagne. Laprun, récemment promu lieutenant en premier, sert sur les côtes de Bretagne en 1778 et 1779.

 

En 1780 le 2e bataillon du régiment d'Auxonne-artillerie -500 hommes- est choisi pour faire partie du corps expéditionnaire, dirigé par le général de Rochambeau. L'artillerie comporte un équipage de campagne (mobile) et un équipage de siège, plus lourd.

Le départ réel a lieu de Brest le 2 mai ; l’escadre appareille à cinq heures du matin. Laprun, aide-major du régiment, est sur Le Drake, un navire marchand affrété. À bord sont montés 60 mineurs et ouvriers, 17 domestiques, 11 autres officiers dont le lieutenant-colonel Goullet de La Tour, commandant en second l'artillerie de l'armée de Rochambeau.

Le 20 juin, Laprun prend part à un petit combat naval au sud des Bermudes : une escadre anglaise de six vaisseaux de guerre revenait d'une escorte de 50 navires marchands jusqu'aux Bermudes. L’amiral de Ternay fait resserrer ses bateaux de transport, et avec les navires de guerre forme une ligne de bataille. Les Anglais ripostent, puis esquivent le combat général et se dérobent à la nuit. Les Français comptent une douzaine de tués et blessés.

 Après une pénible traversée de plus de deux mois, le corps expéditionnaire arrive mi-juillet au sud de Boston à Newport, grosse bourgade de pêcheurs de 2 000 habitants. Le lieutenant Laprun, pendant cette campagne, est chargé d'une double fonction au sein du bataillon d'artillerie d’Auxonne : aide-major, c'est-à-dire responsable de  l'administration, de la comptabilité, de l'état civil, ainsi que trésorier quartier-maître où il s'occupe du logement, du campement, de l’habillement.

Après la victoire d'Yorktown (octobre 1781), les troupes françaises séjournent encore plus d’un an en Amérique. En juin 1782, Laprun obtient une commission de capitaine sur proposition notamment de M. de Gribeauval : Cet officier rassemble en sa faveur les témoignages les plus avantageux, non seulement sur la distinction de ses services précédents, mais aussi sur l'utilité dont il est dans les doubles fonctions d’aide-major et de quartier-maître trésorier qu’il réunit, depuis que le 2e bataillon de son régiment est employé à l'armée de Rochambeau.

Fin décembre 1782, les troupes embarquent de Boston pour la France via le Venezuela et l’île de Saint-Domingue (aujourd'hui constituée par Haïti et la République dominicaine). Le nouveau capitaine profite de l'inactivité de l'escale à Saint-Domingue pour faire attester ses états de service antérieur et son emploi dans l'armée de Rochambeau. Ces documents sont signés « au Cap français de Saint- Domingue » le 1er mai 1783, notamment par le colonel d'Aboville commandant en chef l'artillerie. Après une campagne de plus de trois ans, le 19 juin suivant, le capitaine Laprun débarque à Brest.

 

 

UNE CARRIÈRE QUI S’ACCÉLÈRE

 

En 1785, la prestigieuse croix de Saint-Louis, lui est décernée.

Avec le grade de capitaine et la croix de Saint-Louis, il est, pour un officier de fortune, arrivé au sommet de la hiérarchie.

La révolution change sa destinée. Il  profite de l'émigration des officiers nobles à partir de 1791, puis de leur exclusion en septembre 1793 pour accéder aux grades supérieurs. En mai 1794, il est promu général de division (grade remplaçant celui de lieutenant général). Laprun sert notamment à l'armée de Sambre et Meuse, qui remporte la bataille de Fleurus. Il va occuper différents commandements d’importance : les 3e et 4e divisions militaires à Metz, et celui de la place de Landau (où il cumule les pouvoirs civils et militaires).

Sa carrière est brisée par le coup d’État  anti-royaliste du 18 fructidor (4 septembre 1797) : accusé d'être en relation avec les émigrés, il apprend sa destitution trois mois plus tard. Il se défend vigoureusement et le Directoire, reconnaissant son erreur, revient sur sa décision. Mais, trop âgé, il n’est affecté à aucun poste et en juin 1801, la retraite lui est accordée.

Il s'installe à quelques kilomètres de Metz dans le village de Vaux, dont il devient maire. Sous la seconde Restauration, il est enfin nommé chevalier de l'ordre royal de la Légion d’honneur.

Octogénaire, il s’éteint à l'âge de 83 ans en 1822.

Après son fils unique, officier sous l'empire et la monarchie, les Laprun vont s'illustrer dans la carrière des armes : dix d'entre eux seront officiers à leur tour, dont trois sont morts pour la France au cours des deux guerres mondiales.

 

 

 

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Descendants SAR: Florent Farges (rédacteur) Pierre Farges, Matthieu Farges, , Antoine Comby, Tanguy Belanger. Jean-Marie Houdaye.