SAR France

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Antoine Laroche

 

 

 

Antoine LAROCHE (1751-1839)

Médecin des armées et hôpitaux militaires . Médecin de marine

 

 

 

 

 


 

DE BRIVE(S) à ARRAS

 

La vie d’Antoine sera en fait profondément marquée par sa profession de chirurgien et de médecin militaire qui le conduisit à s’établir finalement à Arras où il fit souche par les Laroche et les Daveluy. Il sera, parallèlement, franc-maçon, accédant au grade de Souverain Prince Rose-Croix. Surtout, c’est son dévouement aux malades et aux indigents qu’on retiendra de lui et qui fit sa réputation. Il continuera à les visiter bien au-delà de sa mise en retraite, quasiment jusqu’à son décès au château de Duisans (Pas de Calais), propriété de sa femme, le 17 mars 1839, à quelques jours de son 88ème anniversaire. Son souvenir perdure aujourd’hui au travers d’une rue qui porte son nom à Duisans (Pas de Calais), la plaque ayant été posée au cours d'une cérémonie fêtant le bicentenaire de la Révolution française.

Antoine nait à Brive, le 29 mars 1751, fils d’Antoine Laroche, chirurgien juré, et d’Ursule Spinassousse, dernier d’une famille de neuf enfants. La famille appartient à la bourgeoisie et possède des moulins, des terres et immeubles.

Il fait ses études de médecine à Montpellier et son stage à l’hôpital militaire de la même ville; il poursuit ensuite sa formation de 1772 à 1778 à Paris l’Hôtel-Dieu et à l’Hôpital de la Charité. Il suit alors les cours de Dumont de Valdajou, « renoueur » (celui qui fait le métier de remettre les membres disloqués). Ce dernier, ainsi que madame de Montbarrey feront partie de ses protecteurs. Valdajou est en effet à l’origine d’une école de chirurgie devenue peu à peu fameuse et soutenue par les pouvoirs publics. Dumont de Valdajou garde des liens étroits avec ses élèves, correspond avec eux, en un mot « fait école » et obtient pour eux, et notamment pour Laroche des appointements très conséquents pour leur permettre de vivre. Breveté par Louis XVI en 1778, Laroche ne cesse alors d’enchaîner les responsabilités dans les hôpitaux militaires et les armées. Envoyé comme précurseur donc de l’Ecole Valdajou à Brest, Laroche y sert d’abord comme aide-major puis chirurgien-major à l’hôpital militaire. C’est là aussi qu’il va être initié à la franc-maçonnerie, dans la loge « L’heureuse rencontre », accepté en 1779 et élevé en trois mois d’apprenti (27 avril), à compagnon (4 mai), maître (26 juin) et maître parfait. Faut-il voir là une concordance de cercles ? Ce n’est pas impossible.

Il sert ensuite comme chirurgien major à l’armée des côtes de Bretagne et de Normandie, sous les ordres du comte Devaux, premier chirurgien major ordinaire à l’armée commandée en Amérique septentrionale par le comte de Rochambeau en 1780, chirurgien en chef de la même armée conduite par M. de Viomenil dans le golfe du Mexique et aux Iles-sous-le Vent.

Rentré en France en 1783, il fut placé à la tête du service de la chirurgie à l’hôpital militaire du Folgoët, transféré en 1786 à Morlaix, et envoyé avec le même titre de premier chirurgien en chef à l’hôpital militaire d’Arras en 1792. Le 13 Frimaire an II (3 décembre 1793), il y prononça le discours d’ouverture des Écoles de chirurgie d’Arras.

Ce fut à dans cette ville qu’il eut l’occasion de prodiguer ses soins aux suspects incarcérés par ordre de Joseph Lebon à la prison de la Providence. Il rencontra dans ce sinistre milieu Thérèse Dubois de Fosseux, appelée Mlle de Duisans, fille de Ferdinand Dubois de Hoves de Fosseux, le secrétaire de la très fameuse Académie d’Arras qui correspondait avec tout ce qui comptait d’esprit en France. Lorsque, quelques semaines plus tard, les prisonniers furent rendus à la liberté et sauvés de la mort par le neuf Thermidor, Antoine Laroche demanda à M. et à Mme de Fosseux la main de leur fille Thérèse. Le mariage fut célébré au château de Fosseux le 11 janvier 1795 (22 nivôse an III). Ils auront trois enfants Thérèse, qui devint Mme Isidore Daveluy ; Antoine, qui épousa sa cousine Louise Dubois ; Joseph, qui mourut en 1829, à l’âge de 28 ans.

En quittant Arras, le docteur Laroche, après avoir été attaché à l’armée du Nord, exerça successivement ses fonctions de chirurgien en chef à Maubeuge (1797), Calais (1797), Valenciennes (1800), Mézières (1801), Amiens  (1804, Armée de l'Océan, 1ère division des dragons de réserve) et Rouen (1805-1818). Nommé en 1809 médecin honoraire de la marine à la Résidence de Rouen, il « s’en est acquitté de manière à laisser dans toutes les classes de ce département des souvenirs de gratitude et le regret de le voir s’éloigner d’un poste qu’il a longtemps occupé d’une manière aussi distinguée dans son art que secourable à l’humanité » .

Le Dr Laroche avait été fait chevalier de l’Ordre royal de Saint-Michel, le 31 décembre 1816, en même temps que l’illustre Dupuytren, chirurgien en chef de l’Hôtel Dieu. Il avait obtenu précédemment la décoration du Lys et fut en 1819 nommé chevalier de l’Ordre royal de la Légion d’Honneur.  Une ambiguïté demeure néanmoins car il semble avoir d’abord été nommé une première fois en 1814.

Parmi ses amis les plus intimes, il faut citer Taranget, Coste, Charamond, Casimir Périer, et le savant Latreille, né comme lui à Brive, et qui aimait à reconnaître qu’il devait le bienfait de son instruction à la famille Laroche.

LA GUERRE D'AMÉRIQUE

Laroche ne fait pas partie du premier embarquement à Brest du 3 mai 1780. Il est cantonné à Morlaix et appartient au corps de Wittgenstein laissé en arrière ; il rejoint cependant peu après en embarquant à Brest le 15 mars 1781 sur la gabare La Nourrice à destination de Boston où il débarque le 18 juin 1781.

Laroche sert alors en baie de Chesapeake et y perdra tous ses effets, pris les Anglais, en 1781. Ce n’est qu’en septembre 1781 que la flotte française se rendra maîtresse de la baie ; Laroche est aussi sur le terrain à la bataille d'Yorktown.

Il noue là-bas une amitié indéfectible avec le célèbre médecin Coste. Elle durera leur vie durant. On peut penser que leurs destinées furent liées dans le déploiement du service de santé de l’armée de Rochambeau aux Amériques : Chesapeake, Newport, Boston, Nantakset, tant dans les hôpitaux ambulants que dans les hôpitaux des villes ; le va-et-vient entre les navires français au mouillage et les hôpitaux à terre semblent d’ailleurs avoir été incessants si l’on se réfère aux écrits et rapports laissés par Coste. Nous n’avons cependant pas le détail de l’activité de Laroche comme chirurgien major dans l’armée de Rochambeau ni dans celle de Vioménil aux Colonies ensuite. Il embarque sur La Couronne le 20 décembre 1782 et rejoindra la France en 1783 avant de poursuivre sa carrière dans la plupart des garnisons de la côte Océane. Ses services, d’une manière générale, semblent en tout cas avoir été suffisamment élogieux pour avoir justifiés en 1816 son admission dans l’Ordre de Saint-Michel, ne comportant que cent-vingt titulaires.

 

 

 

 

Descendants SAR : Amiral Benoit Chomel de Jarnieu  (rédacteur) ; DAR : Chantal Vignancour