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Jacques Marie Emmanuel du Masle

Emmanuel du Masle est né le 24 décembre 1758 à Lagnieux dans l’Ain

 

 

 

Jacques Marie Emmanuel du MASLE    (1758- 1823)

 

 

 

Né à Lagnieu dans l’Ain le 24 décembre 1758.

Troisième enfant d’une famille de huit, assez liée au milieu médical local qui, dans l’ouvrage remarquable d’Alphonse Marcellin sur " LAGNIEU et sa région ", est présenté comme une véritable caste.

De fait il apparaît que sa sœur aînée a pour parrain un Pernet  et que le frère de ce dernier, sur un acte de naissance de Marie Henriette Pernet du 26 septembre 1754, est désigné comme " Chirurgien de la marine, Compagnie de Guinée en Afrique".

Peut-on déduire de ce fait que la vocation de chirurgien de la Marine est liée à cette ambiance familiale ?

 

 

LA GUERRE D'AMÉRIQUE.

 

En 1777 un document précise que ce jeune homme de 19 ans est aide chirurgien.

Grâce à l’amabilité et à l’érudition du doyen Kerneys de Nantes, nous pouvons suivre les débuts de la carrière d’Emmanuel du MASLE

 

Sur le Duc de Bourgogne

Du 9 mai 1778 au 7 janvier 1779 nous le trouvons à bord du Duc de Bourgogne, vaisseau de 80 canons construit à Rochefort de 1748 à 1751, comme aide-chirurgien à quarante livres par mois (sur les très grosses unités on comptait jusqu'à un major et trois aides).

A bord se trouvent le vicomte de Rochechouart, chef d'escadre, et le comte de Charitte, capitaine de vaisseau et capitaine de pavillon.

Lui est chirurgien de levée, c'est-à-dire un réserviste mobilisé.

Il y a en effet deux façons de devenir chirurgien navigant : soit être "entretenu" c'est à dire issu de l'école de médecine navale de Rochefort, créée en 1683, en 1777 il y en a 200 en France,  soit "être de levée" c'est à dire civil choisi directement par le capitaine du navire.

 

 Le Duc de Bourgogne quitte Brest le 8 juillet avec l'armée navale de d'Orvilliers. Dans la nuit du 23 au 24 juillet, par mer grosse et brouillard épais, le vaisseau ne perçoit pas les ordres de virement de bord et se retrouve isolé avec L'Alexandre, vaisseau de 64 canons. Ils ne peuvent rejoindre l''armée navale sans risque d'être capturés par les anglais qui les en isolent, et les deux navires rentrent alors à Brest. Ils ne participeront pas à la bataille d'Ouessant (27/07/1778). D'Orvilliers prend la défense des commandants et Sartine renonce à les faire passer en conseil de guerre, il ne leur inflige qu'un blâme.

Ressorti de Brest le 17 août, ce vaisseau croise avec d'autres navires dans la manche jusqu'au 18 septembre, sans grands résultats..  La plupart des navires désarment alors et décision est prise de refondre le Duc de Bourgogne.

 

Sur des frégates

En 1779, du Masle  remplace sur la frégate L’Aigrette, construite au Hâvre en 1756 elle a participé à la bataille Ouessant, Aimable Péraud qui vient de tomber malade. Son affectation est postérieure  au 18 mars et il ne participe pas au combat de ce jour où le commandant de la Bretonnière fut blessé.

Il est sous les ordres du chirurgien-chef Legros, major de levée, payé 100 livres par mois.

 

Puis il embarque du 7 juin au 26 juillet 1779  toujours sous les ordres de La Bretonnière et Legros,  sur la frégate La Tourterelle,  toujours aide-major à 40 livres.

La Tourterelle est une frégate de 12, construite à Bordeaux (avec trois autres dont La Belle Poule) et achevée en 1770.

Il ne navigue sans doute pas à son bord, car la frégate qui vient d'être radoubée et doublée de sapin à Brest est rematée le 26 juin,  et part en convoi pour Bordeaux le 5 août.

 

En 1779  il s’embarque du 2 octobre au 12 décembre 1780 à Nantes sur un navire marchand affrété par le Roi. Il y est second chirurgien faisant fonction de major à 50 livres par mois.

 

En 1781 , il se retrouve  sur La Manette et il est payé 55 livres jusqu’au 11 septembre 1781

Le 4 décembre 1782, il passe à 75 livres  chirurgien-major de frégate  sur un sénault affrété par le roi au Hâvre. Le sénault s’appelle Les Deux Sœurs et est commandé par un commandant de frégate.

C’est en 1783 que s’arrête la carrière maritime de ce jeune chirurgien alors âgé de 25 ans.

 

 

PAR LA SUITE

 

Ses états de services font apparaître un vide depuis cette année 1782 jusqu’à l’an 2 (1793-1794), date à partir de laquelle on le trouve chirurgien-major du 27e bataillon de Paris dit des Lombards le 1er Brumaire (22/10/1793), puis chirurgien-major au 2émebataillon du 56émerégiment d’infanterie au mois de frimaire.

Il est blessé d’un éclat d’obus sur le glacis de Maubeuge cette même année.

Pendant les années 3, 4, 5 et 6 de la République, il est chirurgien-major de la 112éme demi-brigade

En l’an 7 il est agent principal des hôpitaux militaires à l’Armée des Alpes et assume les mêmes fonctions en l’an 8 et 9 à l’armée d’Italie.

Il resta gravement malade à Rome lors du départ de sa demi–brigade en Egypte.

De retour en France après une longue convalescence il passa au Service administratif des Hôpitaux avec l’autorisation du Ministre de la guerre et sur sa demande, en qualité d’agent principal aux Armées des Alpes et d’Italie où il a servi de messidor An 7 (juin 1799) au 1er thermidor an 9 (20/07/1801).

Il fut alors licencié, l’Armée ayant été mise sur le pied de paix.   

 

 

Après douze ans d’une vie très active cet homme doit réorienter sa carrière et le 28 floréal an 11 (18/05/1803) un arrêt du Premier Consul le nomme receveur des contributions directes de la ville de Macon.

Le huit fructidor an 13 (26/08/1805) il épouse à Chalons sur Saône Jeanne DUJARDIN âgée de 19 ans, fille de Charles Antoine DUJARDIN, magistrat et ancien élu de Saône et Loire au Conseil des Cinq-cents.

En 1807 et 1809 naissent deux fils.

Il connaît deux déboires importants.

En 1811 un employé indélicat creuse un trou dans la trésorerie de son service et il doit rembourser plus de vingt deux mille francs que son beau-père doit lui avancer. 

En 1814 il est victime d’un incident assez grave puisque il est démis de ses fonctions sur la base d’une fausse démission et il doit faire de nombreuses démarches qui aboutissent à sa nomination, le 16 décembre 1814, comme percepteur à vie des contributions directes à Chalons sur Saône.

 

C’est le 22 mars 1823 à cinq heures qu’il décède.   

Ainsi se termine la vie d’un homme qui a vécu avec intensité tous les événements qui ont marqué la fin de la monarchie et la période révolutionnaire. Mais la seconde partie de sa vie avec les péripéties de 1811 et 1814 ne fut pas un long fleuve tranquille.

 

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Descendants SAR: Louis du MASLE (rédacteur), Henri du MASLE