SAR France

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Jean Peltier

 

 

JEAN  PELTIER   (1734 – 1803)

 

 

 

 

Armateur nantais, né en 1734, Jean Peltier (ou Pelletier) est issu d’une famille de négociants originaires de l'île de Ré venue s’établir à Nantes au milieu du XVIIIème siècle.

Jean Peltier, qui avait épousé Gabrielle Dudoyer, se fait appeler alors "Peltier Dudoyer" pour se distinguer des autres Peltier.

 

Le premier bateau que l'on trouve armé par lui est en 1765 LE DUDOYER , à destination de Santander.

Le 16 mai 1769 il est nommé Inspecteur des ports et quais sur la Loire.

Puis en 1771, il arme à destination de la Guinée LA DILIGENTE  "faisant et agissant pour Mr de Montieu de Paris".

Mais Jean Peltier abandonne le commerce triangulaire en 1775, car il s'occupe également à Nantes du transit d'armes. Ces armes sont  destinées à la Marine pour les ports de Rochefort et Lorient, en provenance de la manufacture Royale de Saint-Etienne, que dirige son associé Jean-Joseph Carrier de Monthieu.

 

LA GUERRE d' INDÉPENDANCE AMÉRICAINE.

 

Cette position privilégiée dans le commerce d'armes n'échappe pas à Benjamin Franklin, franc-maçon comme lui, qui le convainc à la cause américaine lors de son passage à Nantes en 1776.

Sa notoriété et les relations de Monthieu lui font connaître Beaumarchais qui veut envoyer des armes aux "insurgents" avant que la France ne décide d'intervenir. Beaumarchais faute de bateaux suffisants va s’appuyer sur un réseau d’armateurs dans tous les ports de France dont Peltier Dudoyer associé à Carrier de Monthieu à Nantes.

 

Le premier bateau de l’armement Pelletier qui fait escale en Amérique est LA THÉRÈSE, parti de Nantes le 7 avril 1777, en relation avec l’accord signé entre Monthieu et Deane à Paris le 15 octobre 1776.

Trente bateaux vont ainsi partir de Nantes approvisionner les "insurgents", dont: le corsaire LE  ZÉPHIR, LE LION, etc. Tous portent sur le rôle : armateur Pelletier DuDoyer, même si les capitaux ne sont pas tous à lui. Certains de ses bateaux affrétés par le Roi rejoignent Brest pour transporter : l'expédition de Rochambeau convoyés par le chevalier de Ternay, ou acheminer la Légion de Luxembourg chargée de renforcer la défense du Cap de Bonne-Espérance et finalement rejoindre les Indes, c'est la quatrième expédition de soutien à Suffren, la seule réussie, sous les ordres de Peynier.

 

La fin de la guerre d'Indépendance marquera une période de faillites retentissantes ou des « alternoiements »  qui évitent des faillites coûteuses comme celles de Leray de la Clartais, La Perrière, Dacosta, Gruel ou Penet. Jean Pelletier-Dudoyer ayant diversifié  ses voyages et ses contrats d’affrètement est  ressorti indemne de la guerre d’Amérique.

 

L'APRÈS GUERRE

 

Ayant continué son activité d'armateur, deux de ses bateaux LE SAINT REMY et LE BON PAPA  font partie des 7 navires qui en 1785 emmènent les derniers Acadiens de Nantes en Louisiane espagnole qui vont devenir les Cajuns. LE BON PAPA avait pour second capitaine Marie-Etienne Peltier, qui devint Capitaine au long cours, corsaire de la République et est aussi l'un des ancêtres du rédacteur.

 

La création en 1785 d'une banque à Paris dirigée par son fils et Etienne Carrier, le neveu de Monthieu,  va entraîner sa faillite. Le représentant des créanciers est Beaumarchais. Toutes les dettes étant réglées, l'association Peltier – Michaud sera rétablie dans son honneur par le parlement de Bretagne le 4 mars 1788.

 

Après le décès de son épouse en mai 1788, Jean Peltier est tenté par la politique, le 4 novembre 1788, il signe et dépose au bureau communal de Nantes une requête agressive pour le respect du Tiers Etat ; en décembre il signe la "Souscription Patriotique" où le Tiers Etat propose un prêt de 7 millions au Roi pour attendre les contributions de la Province de Bretagne. Le 1 avril 1789, il se présente sans succès pour être l'un des députés qui formeront l'assemblée générale du Tiers Etat. Dans un élan de générosité, en octobre 1789, il fait partie des  généreux citoyens qui en guise de contribution patriotique sacrifient les boucles d'argent de leurs chaussures pour l'approvisionnement des grains afin d'éviter la disette au peuple.

 

Ayant laissé la direction de la Sté Peltier & Michaud à son gendre François Michaud, il part le 28 juillet 1790 pour l'Isle de France retrouver la veuve de son ami l'armateur franco-mauricien Robert Pitot qu'il épouse aux Pamplemousses  le 1 février 1791 et s'installe au Port-Louis . A la suite de l'échec de la mission de Baco et Burnel, il offre en 1799 au Directoire ses services pour une abolition en douceur de l'esclavage à L' Isle de France. L'instabilité politique de l'époque et son décès à Nantes le 25 février 1803 n'ont pas permis au projet d'aboutir, c'est le général Decaen qui sera nommé. 

 

C’est un des rares personnages de la société civile à être mêlé aussi intimement à la lutte armée qui a abouti à l’indépendance des Etats-Unis.

 

 

 

 

 

 

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Descendants SAR : Tugdual de LANGLAIS (rédacteur)