SAR France

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Jacques Mathieu Regnauld

Jacques Mathieu REGNAULD

 

 

Jacques Mathieu REGNAULD (1762-1833)

 

 

ORIGINES

Normand, le futur chevalier Regnauld naît le 8 mai 1762 à Granville (Manche). Ses ancêtres paternels sont traditionnellement baillis de la haute et moyenne justice de Torigni-sur-Vire, fief des Matignon, mais son père Jacques Jean Regnauld du Mesnil s’est imposé comme l’un des principaux avocats d’affaires granvillais. Échevin de Granville, franc-maçon, ce dernier fut avec modération procureur-syndic et rédacteur du cahier de doléances de Granville durant la Révolution. Sa mère, Jeanne Angélique de La Rüe, est la fille d’Angélique Tapin de Hautehalle et de Mathieu de La Rüe, capitaine corsaire durant la guerre de succession d’Autriche qui, grièvement blessé au visage par un boulet en 1747, dût porter un masque d’où son surnom de « face d’argent ». Les de La Rüe (alias Delarüe) et les Tapin comptaient parmi les anciennes familles de capitaines et armateurs granvillais.

 

 

 LA GUERRE D’AMÉRIQUE

Une lettre émanant du préfet maritime de Brest, datée du 9 frimaire an 9, précise que « le capitaine de frégate Regnauld a 38 ans, il a navigué dans la dernière guerre [celle d’Amérique] comme volontaire, officier du commerce et de corsaire » ; il sortait tout juste du collège.

 

Les différents états de services et rôles d’équipages rapportent qu’il servit contre les Anglais durant la guerre d’Indépendance américaine successivement en qualité de :

- volontaire à 18 livres, du 29 août au 4 décembre 1780, sur la corvette du Roi le  PILOTE DES INDES  (110 tonneaux, garde-côte de Granville également chargé de la protection des convois entre Le Havre et Brest) ; si cette campagne est mal connue, il est notoire que le  PILOTE DES INDES  pratiqua avec succès la « course d’État » et prit part à divers combats dont une expédition contre Jersey en 1779.

- volontaire à 18 livres, du 5 au 13 décembre 1780, sur la corvette du Roi LE SERIN (chargée de la protection des convois sur les côtes de France).

- deuxième lieutenant, du 25 décembre 1780 au 12 avril 178, à bord de la frégate corsaire granvillaise LA MADAME (390 tonneaux, 36 canons, 268 hommes d’équipage).

 

D’après l’état récapitulatif des services du futur commandant Regnauld, corroboré par une autre source, « ce corsaire frégate de 36 canons, d’après les ordres de la Cour, a été mis à la disposition de M. le Comte d’Estaing, commandant l’armée navale réunie sur la rade de Cadix ».

 

Toutefois, eu égard aux dates des prises faites dans la Manche et l’Atlantique nord, il paraît peu probable que la MADAME ait pu se rendre à Cadix. En effet, lors de sa deuxième campagne, la MADAME prit le GLOUTON, de Mousbay (7 janvier 1781), la PROVIDENCE (armée en guerre), de Darmouth (8 janvier), le FAIRY (9 janvier), le LINSTER, rançonna le GOOD WILL (21 janvier), reprit aux Anglais la NEERLANDZ UNIES (23 janvier), prit les TROIS GRÂCES (6 février), reprit le SAINT-FRANÇOIS-XAVIER (10 février), prit les corsaires  L’ENTREPRISE (2 mars) et LE TARTARE (7 mars) et LE SPY, puis L’ALBION, de Bristol et enfin la FEMME DE CORK (fin mars 1781) avant de relâcher à Saint-Malo.

 

La MADAME contribua, avec le corsaire le MONSIEUR , à faire la fortune de son armateur, Nicolas Deslandes, lors de ses trois campagnes de course, particulièrement fructueuses.

 

- Et enfin lieutenant, du 2 janvier 1782 au 29 septembre 1783, à bord du « transport de l’État à l’Amérique » LES COLONIES (210 tonneaux, non armé ; d’après le rôle d’équipage il s’agissait d’un navire de commerce granvillais « aux ordres du Roi », c’est-à-dire réquisitionné avec son équipage, en vue de rejoindre Fort-Royal de la Martinique, où sa présence est attestée en septembre 1782, après qu’il ait transité par Brest – entre février et avril 1782 - et Port-aux-Barques – en juillet 1782 –).

Comme le rôle d’équipage ne mentionne que des marins, l’on suppose que LES COLONIES ont convoyé aux Antilles des munitions de guerre et/ou de bouche, pour secourir les troupes françaises après la défaite des Saintes ou en vue de la conquête, toujours envisagée, de la Jamaïque.

 

 

CARRIÈRE MILITAIRE DURANT LA RÉVOLUTION ET L’EMPIRE

Après la guerre d’Indépendance américaine, Jacques Mathieu Regnauld poursuit sa carrière comme capitaine au long cours sur des bâtiments marchands tout en servant, ponctuellement, en qualité de volontaire à 30 livres sur des vaisseaux du Roi : LE TÉMÉRAIRE (juin-septembre 1786) et LE BRILLANT (novembre 1787-janvier 1788). Il est admis dans la Marine nationale avec le grade d’enseigne de vaisseau non entretenu le 9 décembre 1792.

 

lieutenant de vaisseau depuis le 22 décembre 1793, notre Granvillais remplit les fonctions d’adjudant à l’état-major de Brest (où il se lie d’amitié avec le commissaire de la Marine Henri Rideau du Sal, oncle de son futur gendre) à compter du 21 décembre 1797 puis est nommé capitaine de frégate le 3 mars 1798. Début 1804, Jacques Regnauld quitte Brest pour Boulogne où il est employé comme chef de section de la 2ème division de bateaux-canonniers puis comme premier adjudant du capitaine de vaisseau Le Coat de Saint-Haouen, chef militaire au port de Boulogne.

 

Nommé major du 44ème bataillon de flottille impériale (décret du 28 août 1808) sous les ordres du capitaine de vaisseau Baste, il est envoyé à l’armée du Rhin en mars 1809 et participe à la campagne contre l’Autriche (reconnaissance des îles du Danube, passage du Danube, construction des ponts de l’île Lobau).

 

Jacques Mathieu part ensuite pour l’Espagne où, promu capitaine de vaisseau (22 juin 1810) il prend le commandement du 2ème équipage de flottille (décret du 7 décembre 1810) avant de faire campagne « terrestre » au Portugal sous Masséna, en Andalousie sous Soult, puis à l’armée d’Espagne sous le général Léry, commandant en chef du Génie (ému du manque d’équipement de ses hommes, il sollicite et obtient à ce sujet une audience du roi Joseph Bonaparte).

 

De retour en France en juillet 1813, le chevalier Regnauld prend le commandement du vaisseau de 74 LE RÉGULUS et devient colonel du 90ème équipage de haut-bord (25 novembre 1813) armant ce vaisseau, qu’il fut contraint d’incendier (en application de ses ordres) devant Meschers-sur-Gironde le 7 avril 1814 pour éviter sa capture par les Anglais.

 

Mis à la retraite contre son gré le 24 juillet 1816, nonobstant le soutien du major de la Marine Bardel de Mereuil, des capitaines de vaisseau comte de Toulignan et Thomas de Saint-Laurent, le commandant Regnauld décède à Granville, dans sa maison de famille, rue Saint-Jean, le 16 août 1833.

 

Membre (il est mort officier) de la Légion d’honneur (le 14 juin 1804), chevalier de Saint-Louis (le 18 août 1814), Jacques Mathieu Regnauld fut titré chevalier de l’Empire le 30 juillet 1810 en récompense de sa conduite à Wagram (et confirmé dans la qualité de chevalier héréditaire le 11 juin 1816).

 

Il a laissé quatre enfants de Rosalie Marguerite Bailhache : Prosper (né à Saint-Marc en l’an 6, s.p. connue), Rosalie (née à Brest en l’an 7, qui épousera Charles Rideau à Granville le 9 juillet 1818, d’où postérité), Adèle (née à Brest en l’an 8, s.p.) et Fanny (née à Brest en l’an 10, s.p. connue).

 

 

 

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Descendants SAR : Philippe RIDEAU et Laurent-Frédéric RIDEAU (rédacteur) dont la femme est Daughter.