SAR France

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Jacques François de Sanctos

JACQUES FRANCOIS DE SANCTOS    (1745-1818)

 

Né au Port-Louis de l’Île de France le 15 novembre 1745, il est le fils naturel de Louis Vigoureux, Capitaine des Navires de la Compagnie des Indes, et de Francisca Dies dos Santos, dont il portera le nom francisé après le mariage de son père avec une malouine.

 

                        LE  MARIN DE COMMERCE

Envoyé en France en 1757, il est d'abord écolier, puis embarque successivement sur plusieurs navires malouins qui pratiquent le commerce triangulaire. Enseigne sur LA NÉGRITTE, (1765-1766), Second Lieutenant sur LA SAINTE-ANNE (1767-1768), Premier Lieutenant sur le même navire (1769-1770), il navigue sur les côtes d'Afrique et vers  Saint-Domingue.

En 1772 et 1773, il est Premier Lieutenant sur une autre SAINTE-ANNE, dont la navigation le conduit en Île de France et à Goa. Revenu à Lorient, il reste alors à terre près de 2 ans.

En 1775 il repart pour 4 ans de St Malo comme Second Capitaine sur LE MOISSONNEUR, qui se rend aux Indes, fait deux aller-retour de l’Île de France à Pondichéry, puis revient sur la côte d’Angolle et de là se dirige sur Saint Domingue.

 

                        LA GUERRE D’INDÉPENDANCE AMÉRICAINE

Mais la guerre d’indépendance américaine est commencée. Chassé par des corsaires anglais, LE MOISSONEUR ne peut parvenir à Saint-Domingue et se réfugie à Cayenne le 2 décembre 1778. Par la suite, LE MOISSONNEUR,  peu armé, est pris par les Anglais. Libéré ou échangé, de Sanctos finit par rentrer à Saint-Malo le 18 août 1779.

La ville arme alors des navires corsaires et JF de Sanctos y trouve sa place.

 

                             PREMIER LIEUTENANT sur L’ENJÔLEUR

Il est d’abord en 1780, Premier Lieutenant sur L’ENJÔLEUR,  (Capitaine Le Breton de la Vieuville) navire de 200 tonneaux et de 20 canons, armé par Leyritz .

 Appareillant de Saint-Malo le 23 avril, L’ENJÔLEUR doit très vite combattre deux navires anglais, l’un de 22 canons et l’autre de 20. Seul un mousse fut blessé à la tête, mais le navire fut endommagé dans son gréement et sa coque et  réparé  rapidement en mer. Le 2 mai, il est  pris en chasse par deux frégates et deux cotres anglais  auxquels il échappe.

L’ENJÔLEUR établit alors sa croisière le long de la côte d’Irlande, et le 8 juin il s’empare de LA JULIENNE,  de 140 tonneaux dont le Capitaine et une partie de l'équipage sont transférés à son bord tandis qu'un équipage de prise le conduit en France.  Le 16 juin, vers 6 heures du matin, il s’empare du brigantin LE WILLIAM ET THOMASINE, de 90 tonneaux, qu’il rançonne pour 250 livres sterling en gardant un otage. Le même jour vers midi, il capture LA MINERVE, de 100 tonneaux, qu'il rançonne aussi pour 250 livres sterling gardant un otage. Le 19 juin,  vers midi, il s’empare du FLORE, de 150 tonneaux, chargé de sucre, d’indigo et de térébenthine, avec à son bord deux français de Bayonne provenant d’un corsaire français qui l'avait précédemment capturé avant que les Anglais ne le reprennent.... Le capitaine et 6 hommes d’équipage passent sur L’ENJÔLEUR, tandis qu'un équipage conduit la prise en France . Le lendemain, 20 juin, il s’empare d’un brigantin de 140 tonneaux LE THOMAS, qu’il rançonne pour 300 livres sterling, gardant un otage. Le 20 également il prend LE NEPTUNE, de 90 tonneaux, qu’il se contente de rançonner 200 livres sterling gardant un otage.

Considérant alors que le navire perdait de sa vitesse, que son équipage avait diminué du fait de ses prises, le Capitaine décide de rentrer à Saint-Malo. Mais L’ENJÔLEUR fait alors la rencontre de deux frégates anglaises  de 40 canons chacune et d’un cotre qu’il doit affronter  de 6 h ½ jusqu’à 9 h du soir à tiers de portée de canon. Il parvient à se dégager non sans avoir reçu de nombreuses bordées qu’il sut parer en limitant les dommages.. Une fois à Saint-Malo, les prisonniers et les otages  sont conduits au château  et les billets de rançon sont remis aux greffes.  Les quatre otages, interrogés  en présence d’un interprète, confirment les conditions de leurs captures  et les rançons sont déclarées bonnes. On n’a pas connaissance des jugements de bonne prise ni des  montants de la vente de LA JULIENNE, du FLORE et de leurs cargaisons.

 

                             SECOND CAPITAINE sur L’ENJÔLEUR

JF de Sanctos repart en 1781 sur le même navire comme Second Capitaine.

Sur les 150 hommes d’équipage, il y a 4 américains embarqués pour défendre leur cause : William Huze de Philadelphie, Barnabé Hughen de Boston, Thomas Chamberlain, d’origine irlandaise et de New York., et Mathurin Cavenave, irlandais aussi et  de Boston.

 Très vite après sa sortie, L’ENJÔLEUR s’attaque au corsaire anglais LA FURIE dont il s’empare et qui est conduit au port. Par la suite, il prend le 15 avril LES DEUX FRERES, qu’il fait conduire à terre  par un officier et 5 hommes de son équipage plus 2 anglais laissés à son bord après avoir transféré le reste de l’équipage prisonnier. Puis il s’empare le 17 avril du  FRIEND GOOTWITT, qu’il fait ramener en France.

Une courte relâche le 19 avril au port de la Hougue lui permet de débarquer ses prisonniers. Reparti dès le 20,  il attaque quelques jours plus tard le petit corsaire anglais LE MANIFESTE, armé de 8 canons de 6 livres, s’en empare et le fait conduire à Cherbourg.

L’ENJÔLEUR continue alors sa croisière sur les côtes d’Irlande où il attaque plusieurs navires sans réussir à s’en emparer. Ayant besoin d’eau, il rentre à Saint-Malo le 7 juin 1781 au soir et se voit interdit de repartir, les équipages étant réquisitionnés pour la Marine Royale.

 

                             SECOND CAPITAINE sur LA SENSIBLE

Au début 1782 on retrouve de Sanctos Second Capitaine sur LA SENSIBLE (Capitaine Cavaleau) . C’est un navire plus petit, de  80 tonneaux et 14 canons, armé par Caneva.

  La fortune qui préside aux réussites guerrières ne sera pas au rendez-vous. La course sera décevante. Les  conditions météo étaient très défavorables et il y eut peu de rencontres. Il semble qu’il n’y ait eu qu’une seule prise, le 13 janvier, LE LONDON,  qui fut rançonné pour 1200 guinées. Après avoir débarqué ses prisonniers et otages à Morlaix , le Corsaire ne peut en ressortir que le 1er février en raison de vents contraires. Il patrouille sans trouver aucun navire à attaquer, mais le 6 mars il rencontre la frégate anglaise  MONSIEUR, de 474 tonneaux, armée de 40 canons, navire de guerre français alors aux mains des anglais, contre lequel il ne peut combattre avec quelque chance de succès. Bien au contraire c’est MONSIEUR qui prend LA SENSIBLE en chasse. Pendant cinq heures LA SENSIBLE cherche à lui échapper mais finit par être capturée.

Conduit avec le navire et l’équipage à Dartmouth, de Sanctos  sera échangé quelque temps plus tard. Il débarque à Calais le 7 avril 1782 et fait, le 2 juillet, en tant que Second Capitaine et à la place de son  Capitaine Cavaleau retenu à Brest par le service du Roi, le rapport de la course et de la prise de LA SENSIBLE.

            Les pourparlers de paix entre la France et l’Angleterre vont commencer, l’indépendance des Etats-Unis est assurée, et la guerre de course est terminée.

 

                                  LA SUITE DU PARCOURS

Jacques François de Sanctos repart en juin 1783 de Lorient comme Second Capitaine sur  LA CONSTANCE pour l’Île de France et Batavia. En septembre 1784 son capitaine décède. Il prend le commandement du navire et revient en juin 1786 à Bordeaux après être passé à Saint-Domingue.

Reçu officiellement Capitaine de Navire en  1787, il va alors commander LE PACIFIQUE, navire de 325 tonneaux, armé à Saint-Malo puis à Nantes, avec lequel il fera deux expéditions en Afrique et à Saint-Domingue de 1787 à 1790.

Le 9 février 1791 il épouse à Nantes une malouine, Pélagie Perrine Hulin. Il en a 2 enfants.

Le 22 juillet 1792, JF de Sanctos repart sur LE PACIFIQUE au sein d’un convoi de transport de troupes de 29 navires à destination de Saint-Domingue alors en pleine révolte. Il y parvient le 17 septembre et en repart  en bâtiment isolé le 7 décembre, transportant des  militaires rapatriés et quelques prisonniers qu’il débarque à Nantes le 12 janvier 1793.

Beaucoup d’officiers de la marine marchande sont alors mobilisés dans la marine de la République. Jacques François de Sanctos, ce marin des grands horizons, se voit affecté, comme Enseigne non entretenu, “au commandement d’un bateau sur la Loire pour combattre les brigands.” Il s’agit d’un petit bateau, rebaptisé comme tant d’autres LE SANS CULOTTE, armé tant bien que mal par la municipalité de Nantes.

Puis il est nommé par Jean Bon Saint-André, au commandement de la corvette JEAN- BART,  incorporée à l’armée navale de Villaret-Joyeuse, et prend part au combat du 13 Prairial an II qui assure l’arrivée d’un important convoi de blé en provenance des Etats-Unis..

 

Jacques François de Sanctos cesse de naviguer à près de 50 ans, totalisant comme officier 218 mois et 12 jours de mer. Il acquiert des terres en région nantaise, et décède le 12 septembre 1818 à Saint Etienne de Montluc.                                           _____________________

 

Descendants SAR:  Jean-Louis CHATELAIN (rédacteur), Antoine CHATELAIN .