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Alexandre Soret de Boisbrunet

 

Alexandre Claude Louis Mellon Soret de Boisbrunet est né à Pontoise le 21 janvier 1746

 

 

 

ALEXANDRE SORET de BOISBRUNET (1746-1818)

 


 

 

Alexandre Soret de Boisbrunet est né à Pontoise le 21 janvier 1746. Il est l’aîné d’une famille alors bourgeoise de la ville, anciennement implantée et dont la filiation agnatique remonte au XVIe siècle, mais prétend se rattacher au bienheureux Jean Soret (v.1420-1471) restaurateur de l’observance carmélite et fondateur du Carmel de Pontoise.

Il ne s’entend pas avec son père Philibert Soret, sieur de Boisbrunet (1712-1793), conseiller du roi et receveur des décimes du Vexin français. Ce père le regarde comme le canard boiteux de la famille, au point que c’est au profit de son fils cadet Simon Soret (1748-1828) qu’il a résigné sa charge, « savonnette à vilains » dont on se souvient qu’elle portait dans son principe l’espérance d’un anoblissement après vingt années d’exercice. Mais, pour Simon, la Révolution viendra trop tôt…

Alexandre est différent de son frère : il est attiré par l’aventure. Lui, qui n’a pourtant aucun marin dans son ascendance, est très tôt attiré par la mer et ses horizons bleus. Dès l’âge de 17 ans, il se porte volontaire sur le navire LE DAUPHIN, qui le fait bourlinguer à Saint-Domingue et à Cayenne, du 16 août 1763 au 9 octobre 1764. Il en revient ayant percé son oreille gauche d’une boucle qui signifie, selon la tradition des bourlingueurs, avoir fait le tour des mers lointaines.

Volontaire au régiment d’Angoumois (ancêtre du 80e Régiment d’Infanterie) il est fait sous-lieutenant le 11 octobre 1766, à 20 ans ; puis lieutenant le 29 février 1768. C’est dans ce grade et dans ce régiment qu’il va participer à la guerre d’Amérique, sous les ordres de l’amiral comte de Grasse (1722-1788). Il s’embarque en 1781 sur le NORTHUMERLAND commandé par le capitaine de Vidart : il ne faut pas confondre ce navire avec celui qui avait été pris aux Anglais en 1744, avait été rebaptisé L’ATLAS en 1776 et fera naufrage (car rebaptiser un bateau peut porter malheur…) en février 1781. C’est justement en son honneur qu’un magnifique bâtiment de 74 canons, sorti de l’arsenal de Brest en 1780, avait reçu ce nom.

Le lieutenant Soret de Boisbrunet participe à la prise de Tobago le 2 février 1781. En mars, il fait partie des dix-neuf officiers momentanément détachés de leurs différents régiments avec 725 soldats français sous le commandement du baron François-Aymard de Monteil (1725-1787) pour renforcer l’armée espagnole du comte de Galvez (1746-1786) au siège de Pensacola, en Floride. La victoire est remportée le 9 mai 1781.

Il rejoint son unité et débarque le 30 août à Chesapeake, sur la côte est des Etats-Unis, de nouveau sous les ordres de l’amiral de Grasse. La flotte anglaise commandée par l’amiral baron Thomas Graves (1725-1802) est défaite le 5 septembre, ce qui ouvre la route de Yorktown dont on sait que son siège victorieux a été décisif. Puis, avec 26 autres officiers appartenant à différents régiments, et 800 hommes de troupe, il participe au siège de Gloucester qui se termine le 19 octobre.

En janvier et février 1782, l’amiral de Grasse se transporte à Saint-Christophe (Saint-Kitts pour les Anglais) et Alexandre Soret de Boisbrunet combat là encore sous ses ordres. Pendant toute la campagne, il a tenu un journal intitulé : Journal de la campagne de M. le comte de Grasse, en Amérique, ouverte le 22 mars 1781, terminée le 12 avril 1782. C’est un manuscrit de 26 pages et de 23 pages de notes annexes dont un microfilm est conservé au Service Historique de l’Armée de Terre.

Fait capitaine le 29 juin 1783, il végète dans son grade pendant neuf ans, après avoir végété dans celui de lieutenant pendant quinze ans. Il faut dire que, depuis l’édit de Ségur du 22 mai 1781, la noblesse avait obtenu que les grades d’officiers supérieurs lui soient réservés. Ce privilège récent et abusif, contredisant le principe même du mérite militaire, n’est pas de nature à dissuader Alexandre d’épouser les « idées nouvelles » et à entrer dans la franc-maçonnerie, comme c’est à la mode à cette époque. Il attend beaucoup des réformes adoptées aux premiers jours de la Révolution, et avec beaucoup d’autres officiers subalternes, il est fait chevalier de Saint-Louis en 1789 : mesure d’urgence - et tardive - que prend l’Ancien Régime pour réparer les injustices faites aux officiers subalternes de la roture. Quant à son frère Simon, lui aussi acquis aux idées nouvelles, à défaut d’avoir pu être anobli par sa charge de secrétaire du Roi – puisque la Révolution a balayé les trois ordres - il devient député.

Le 10 août 1792, quand une insurrection renverse la monarchie, Alexandre désapprouve la tournure prise par les événements : son colonel, le marquis de Soucy, le charge d’écrire à Louis XVI une lettre où lui et d’autres officiers renouvellent leur serment de fidélité. Soucy remet la lettre au Roi, et Alexandre, refusant de servir la République, démissionne de l’armée. Il est alors assigné à résidence à Montdidier, le nouveau régime s’efforçant d’éloigner des frontières les anciens officiers.

Le 10 février 1797, ayant atteint l’âge de 51 ans, il épouse à Louvières (Calvados) Charlotte de Marguerie de Colleville (9 novembre 1763 - 25 août 1839) fille d’Henry de Marguerie, marquis de Colleville (1725-1787) et de Marie-Magdelaine de Héron. L’acte d’état-civil attestant son mariage mentionne alors un « Soret-Boisbrunet » et une « Marguerie » : on peut penser que, sans le contexte révolutionnaire ambiant, sa condition bourgeoise, fût-elle ancestrale, eût rendu improbable une telle alliance avec une descendante d’un compagnon de Guillaume le Conquérant…

Quand Bonaparte arrive au pouvoir, Alexandre pourrait être appuyé par son frère Simon qui, ayant été inquiété lui aussi après la proclamation de la République, s’est rallié au Général corse et mène une brillante carrière sous l’Empire. Mais, fidèle au tempérament de sa jeunesse qui l’avait opposé à son propre père, il refuse toute concession pendant vingt-trois ans, jusqu’à l’arrivée de Louis XVIII, lequel, en récompense de sa fidélité, l’anoblit par lettres patentes du 9 décembre 1815, modifie ses armoiries et lui impose une devise : Recte semper et fortiter , « toujours droit et courageux ». Ainsi, la force de caractère d’un homme à la nature rebelle aura voulu que Simon Soret, quoique ayant droit à sa notice dans le Dictionnaire historique et biographique de la Révolution et de l’Empire, aura en définitive été moins honoré que son bouillant frère aîné Alexandre, ancien combattant de la guerre d’indépendance américaine, qui terminera sa vie comme adjoint au maire de Pontoise le 7 octobre 1818. (Lire Révérend : Titres et anoblissements sous la Restauration).

 

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Descendanrs SAR:    Cte Ludovic ADELINE SORET de BOISBRUNET, Olivier ADELINE SORET de BOISBRUNET (rédacteur), Yves-Marie ADELINE SORET de BOISBRUNET.