SAR France

Sons of the American Revolution - Branche française

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John Steele

 

 

 

 

 John STEELE ( 1758 – 1827 )

 


 

Ce portrait du général est une copie d’un des sept réalisés par Jacob Eichholtz, vers 1824, comme celui de son épouse Abigail Bailey Steele, autant d’exemplaires qu’il y avait d’enfants du couple. Charles Willson Peale sera aussi le portraitiste de nombreux membres de la famille.

 

 

 

Les Steele sont arrivés en Amérique à la fin du XVII° siècle, émigrés d’Ecosse et d’Irlande, et s’installèrent dans le comté de Chester en Pennsylvanie, à New London où est décédé en décembre 1745 Ninian, né en 1669 en Ecosse. Un de ses nombreux enfants, le capitaine William Steele, s’établit à Drumore Township dans le comté de Lancaster, et participa en 1756 à la guerre qui opposait les français et les indiens, mais trop vieux pour combattre dans la guerre d’Indépendance.

De son épouse, Rachel Carr, sont issus quatre fils qui seront de glorieux combattants pour l’indépendance du pays, Archibald, l’aîné, né en 1740, sera colonel, William Jr, lieutenant, John, qui nous intéresse ici, deviendra général, tout comme son dernier frère James.

 

John Steele est né à Drumore Township le 5 juin 1758. Ses parents l’envoyèrent dans la très bonne école de Chesnut Level où il reçut l’éducation rigide du Révérend James Latta. Il était destiné à poursuivre ses études, et probablement par un vœu très cher de ses parents, à devenir pasteur dans l’église  presbytérienne.

 

LA GUERRE D’INDÉPENDANCE AMÉRICAINE

 

Archibald et William Jr Steele partirent les premiers rejoindre l’armée continentale. John était trop jeune pour que son père lui autorise une telle démarche, mais c’est sans son consentement qu’il quitta l’école et qu’il prit les armes, disant à son précepteur que tant que le pays n’était pas libre, il ne continuerai pas ses études.

 

C’est donc comme volontaire qu’il intégra l’armée, prenant très vite malgré son jeune âge, le commandement d’une compagnie de vétérans. Le 4 décembre 1776, il était fait premier lieutenant dans le 10ième Régiment de Pennsylvanie, puis le 27 mai 1778, lieutenant capitaine, et le 21 mars 1779, capitaine sous le commandement du général Hand.

Washington le nomma rapidement colonel en lui demandant de faire partie de son état-major. Il avait vingt et un ans.

C’est vrai qu’à dix neuf ans, il commandait la compagnie des soixante gardes du corps de Madame Washington. Quand le général était parti hors du retranchement, il y avait alors grand danger d’une attaque, c’est John qui le remplaçait au quartier général de Morristown, dans le New Jersey, où était cantonnée une partie des troupes.

Il écrira un long courrier daté du 14 juin 1780 à entête du  Headquarters, Morristown, N.J. à son frère William, dans lequel il relate avec précision la vie de ce camp retranché et à tous moments la cible privilégiée de l’ennemi anglais.

Il avait été muté à ce poste, certes honorifique mais pas en première ligne, pour la bonne raison qu’il fut grièvement blessé à la bataille de Brandywine, le 11 septembre 1777, par un tir ennemi lui perforant l’abdomen et sans doute l’épaule droite à en croire chacune de ses postures dans les différents portraits qui ont été fait de lui à la fin de sa vie, sa main gauche soutenant toujours son bras atrophié.

Après ce sanglant affrontement, six de ses soldats pensant qu’il avait perdu la vie, le transportèrent hors du champ de bataille et de la vue des anglais qui avaient pour habitude de mutiler les corps, pour l’enterrer dignement dans un bois.

Quelle ne fut pas leur surprise de constater qu’il était encore en vie. Il fut pris en charge par deux vieilles dames du voisinage qui le sauvèrent définitivement en lui prodiguant, chez elles, les soins les plus attentionnés. Il put enfin rejoindre son régiment. En action à Germantown, un tir de fusil anglais lui paralysa définitivement le bras droit.

Néanmoins, il reprenait le combat avec les troupes au front, et fut affecté au 1er régiment de Pennsylvanie, le 17 janvier 1781, où il prit le commandement d’une compagnie.

A l’époque où les troupes britanniques étaient dans Philadelphie, un régiment américain  stationnait sur les rivages du Jersey, juste au-dessous de la ville. Les services de renseignement alertèrent d’une attaque imminente de l’ennemi sur ce régiment. Celui-ci aurait été mis en pièces si rien avait été envisagé pour sa défense de toute urgence. L’hiver était là et la rivière Delaware était en partie prise par les glaces, rendant impossible une traversée en bateau. Le capitaine Steele fut volontaire pour effectuer cette traversée à la nage afin de prévenir les troupes du New Jersey d’une très probable attaque des forces anglaises. Il avait enroulé les ordres écrits dans une partie de ses vêtements attachés sur la tête. Il arriva de l’autre côté du fleuve transis par le froid, et sans voix, ne put s’exprimer attirant ainsi la méfiance des vigiles. Cependant, il put donner à temps l’alarme pour tromper les anglais et sauver ses amis.

A Yorktown, le 19 octobre 1781, il fut déclaré l’officier du jour pour sa bravoure face aux troupes commandées par Cornwallis. A travers toutes les campagnes militaires, John Steele avait suivi le général Washington dans beaucoup de batailles. Ce dernier l’appréciait suffisamment pour le qualifier « le plus délicieux des hommes » hormis son courage et tous ses talents d’officier au service de sa patrie, et il sera promu à ce titre au grade de général.

 

LA VIE CIVILE, LA PASSION DU PAYS

 

Quand la guerre fut conclue, John revint chez les siens et épousa, le 4 mars 1784, Abigail Bailey, la sœur de Francis Bailey, imprimeur officiel du Congrès, à qui l’on doit le qualificatif de « Père de la Patrie » donné à Washington.

Tel le général romain Cincinnatus, modèle de cette époque, il se retira dans sa propriété de East Drumore Township, pour y pratiquer l’agriculture, près de Unicorn où est installée aujourd’hui une stèle commémorative dédiée à ses hauts faits d’armes.

Il fut élu à plusieurs reprises à la Chambre des Représentants et au Sénat de Pennsylvanie, et fut nommé par le président Jefferson au poste de directeur des douanes du port de Philalelphie.

En 1824, il fut un des premiers à recevoir en grande pompe le général de La Fayette lors de son retour triomphal en Amérique. John Steele mourut le 14 mars 1827, perclus de fatigue et de souffrances physiques occasionnées par la guerre. Il est inhumé dans le petit cimetière de la Third Presbyterian Church à Philadelphie où son tombeau est honoré chaque année et décoré en permanence du drapeau américain et de celui des Cincinnati, société dont il fut un membre fondateur.

 

 

 

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Descendants SAR : Philippe VALLANTIN DULAC, membre de la Société des Cincinnati du New Jersey représentant le colonel Archibald Steele, (rédacteur), Dominique VALLANTIN DULAC.