SAR France

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Jacques de Voize

 

 

 

 

Jacques de VOIZE (1745-1832)

 

 

 

 

ORIGINE ET DÉBUT DE CARRIÈRE

 

Jacques de Voize est né à Voiron le 29 mai 1745. Fils de l’assesseur de la communauté de la ville, il s’engage à l’âge de 15 ans dans le régiment du Languedoc où on lui promet une place d’officier. En 1765, sous la lieutenance générale de Police d’Antoine de Sartine (1759-1774), il entre au service de la compagnie française des gardes du corps du roi d’Espagne. Une dizaine d’années plus tard, au moment où Sartine est nommé Ministre de la Marine (1774), il rentre en France avec le rang de capitaine de cavalerie.

 

En avril 1776, le congrès continental américain fait le premier pas vers l’indépendance des États-Unis en annonçant l’ouverture de tous les ports américains au commerce international avec les parties du monde qui ne se trouvent pas sous domination anglaise. Peu après, le 9 décembre 1776, Jacques de Voize est nommé vice consul à Tunis sous l’autorité du Secrétaire d’Etat à la Marine Sartine. Il y est chargé des affaires militaires et commerciales.

La France soutient alors secrètement la révolution américaine, notamment en accueillant des frégates américaines qui se livrent à des actes de pirateries contre la marine marchande britannique.

 

 

 

LA GUERRE D'INDÉPENDANCE.

 

Lorsque la France entre officiellement dans la guerre d’indépendance américaine en signant le traité d’alliance militaire et le traité d’amitié et de commerce avec les États-Unis le 6 février 1778, l’action de Jacques de Voize en faveur de l’indépendance des États-Unis va, à l’image de la politique de la France, devenir plus visible sans jamais se départir toutefois de la discrétion que la diplomatie française impose en ces temps troublés.

 

Situé à mi-chemin entre Istanbul et Gibraltar, Tunis est alors un port stratégique pour la sécurité des voies maritimes en Méditerranée. Jacques de Voize va y mettre en application le traite d’amitié et de commerce entre la France et les États-Unis. Par ce traité, la France s’engage à protéger les navires de commerce américains contre les états barbaresques d’Afrique du Nord.

A cette époque, les insurgés américains ne disposent pas de marine de guerre propre et sont dans l’incapacité d’assurer la sécurité de leurs navires marchands. Et c’est le cas tout particulièrement en Méditerranée, infestée de pirates musulmans et de corsaires à la solde de l’Angleterre. Les chefs de la révolution américaine n’ont d’ailleurs de cesse de rappeler à la France ses engagements en Méditerranée tant les enjeux économiques de la région sont importants pour la suite du conflit.

 

Le succès de la guerre d’Indépendance dépend en grande partie de la capacité des insurgés à maintenir leur économie malgré la guerre contre l’Angleterre. Et le commerce des insurgés américains en mer Méditerranée représentait à l’époque 20.000 tonneaux et 1.200 hommes d’équipage.

La sécurisation des voies de commerce maritime par la France est ainsi un enjeu capital. En Méditerranée, les équipages de navires capturés par les corsaires barbaresques étaient envoyés au bagne ou vendus en esclavage. Cette situation d’insécurité paralysait les capitaines américains qui n’osaient sortir des ports méditerranéens sans escortes. Le problème était grave depuis longtemps puisqu’un ordre religieux avait été créé en France en 1189 avec pour unique mission de récolter des fonds pour le paiement des rançons des équipages tombés aux mains des pirates barbaresques (l’ordre religieux des frères Mathurins). On estime à 900.000 le nombre de captifs ainsi libérés entre 1189 et 1792. Les corsaires anglais de Minorque et de Mahon sont également une grande menace pour les navires marchands américains jusqu’à la prise de Minorque et de Mahon en 1782 par le duc de Crillon au service de Charles III, roi d’Espagne.

 

Jacques de Voize joue un rôle clef dans la mise en application du traité. Tout d’abord, malgré la politique de neutralité du Bey de Tunis, il parvient à obtenir son soutien tacite dans la guerre contre l’Angleterre. Cela permet de limiter voire d’empêcher les attaques de corsaires tunisiens contre les intérêts français et américains, et de capturer des bâtiments anglais jusque sous les forts de Tunis.

Jacques de Voize joue un rôle actif dans le dispositif français. Il écoule les biens saisis aux anglais, assure l’approvisionnement des escadres françaises engagées en Méditerranée, assure la sécurité des capitaines et des membres d’équipages lors de leurs escales, renseigne sur la présence de bâtiments ennemis au large des côtes, fait des demandes d’intervention auprès du Ministre de la Marine afin que les voies de commerce ne soit pas entravées, et ce toujours sous l’œil bienveillant du Bey de Tunis avec lequel il maintient les meilleures relations.

Soucieux de ne pas exacerber la situation sur cet axe commercial stratégique, les comptes rendus des activités de la marine française en Méditerranée et notamment au large de Tunis sont communiqués à Benjamin Franklin par l’intermédiaire d’agents français à Toulon. La Marine de guerre française n’est à l’époque pas encore à même d’affronter la marine britannique. C’est la « phase Sartine » dans la chronologie des opérations militaires contre l’Angleterre. Une phase marquée par le renseignement dont Antoine de Sartine est un fervent adepte et dont il a importé les méthodes de ses 15 années à la tête de la Police de Louis XV. Cette phase est suivie par une phase plus offensive à partir d’octobre 1780 lorsque la Marine française est prête à affronter la marine britannique plus directement. Antoine de Sartine est alors remplacé par un militaire, Charles de Castries.

 

En 1781 Jacques de Voize est promu au vice-consulat de Lattaquié et assure l’intérim du Consulat de Tripoli en Syrie jusqu’en 1786. De 1792 à 1819, il est consul général de Tunis. Il cumule alors également la fonction de chargé d'affaires de Sardaigne à Tunis jusqu’en 1816. Il se retire à Voiron en 1819 où il meurt le 9 novembre 1832 à l’âge de 87 ans. Il eu de son épouse, Françoise Guillet, cinq enfants, dont Antoine, Ministre plénipotentiaire, consul à Smyrne, à Patras, à Syra et à Damas, puis consul général à Montevideo (sans descendance), et Adolphe, capitaine du génie, conseiller général de l’Isère et député de l’Isère.

 

 

 

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Descendant SAR: Miles Fabius (rédacteur)