SAR France

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Opérations militaires en Amérique du Nord

C'est au printemps de 1780 que part de Brest un Corps Expéditionnaire composé des unités de six régiments sélectionnées par un général particulièrement expérimenté, le comte de Rochambeau. Une partie seulement des effectifs initialement prévus avait pu embarquer, mais la composition très diversifiée de ce Corps de 5.500 hommes allait lui donner une efficacité particulière : il comportait, à côté de quatre uvaliers organisée par le duc de Lauzun et d'importants éléments d'une artillerie bénéficiant des récents perfectionnements du système Gribeauval. Les fusils étaient du tout récent modèle qui allait faire les campagnes de la Révolution et de l'Empire.

Débarqué à Newport (RI) à la mi-juillet, Rochambeau va préparer avec Washington la campagne de l'année suivante, tandis que La Fayette, repassé quelques mois auparavant en Amérique, guerroie à la tête de patriotes américains en Virginie.

L'amiral de Grasse est envoyé aux Antilles avec trois escadres. Il rompt le blocus exercé par la flotte anglaise aux Antilles sur les troupes du marquis de Bouillé, ainsi mis à même de reprendre les débarquements d'île en île (Tobago, St-Eustache, ...).

Au printemps 1781, Rochambeau et Washington (auquel il est subordonné) diffèrent sur le choix stratégique à adopter : le grand Américain souhaite une offensive sur New York, cœur du dispositif gouvernemental anglais ; le vieux soldat estime plus payante une action contre les forces anglaises opérant au sud. Le choix final va appartenir à l'amiral de Grasse, dont le renfort est indispensable. Ce dernier opte pour un débarquement dans la baie de Chesapeake en Virginie et, après quelques coups de mains infructueux contre New York, les armées française et américaine se mettent en route vers le sud.

Victoire de Yorktown et de la Chesapeake

Les troupes du général anglais Cornwallis, harcelées par les patriotes de Virginie, dans une guérilla dont La Fayette est le principal acteur, se sont justement repliées à Yorktown, au bord de la Chesapeake, en vue d'un rembarquement vers New York.

La campagne qui s'engage et va se terminer par la reddition des forces anglaises de Cornwallis (cf gravure) est exemplaire à divers titres :

  • C'est la première grande opération combinée (infanterie, cavalerie, artillerie, génie, marine) de l'histoire militaire, réussie de surcroît par les efforts conjugués de deux peuples qui s'étaient pourtant durement affrontés quelques années auparavant, lors d'un conflit dont les épisodes sont encore présents à leurs mémoires, voire dans leur chair.
  • Les trois grands hommes en présence (Washington, Rochambeau, de Grasse) ont su tirer avec la plus grande abnégation le meilleur parti de leurs talents respectifs au profit de la victoire commune.

L'amiral de Grasse, ayant engagé ses biens propres et obtenu l'appui du gouverneur de Louisiane (le général espagnol Bernardo Galvez qui a réussi à prendre en avril le port de Pensacola en Floride), pour rassembler les moyens financiers nécessaires, débarque le 2 septembre les 3.000 hommes de Saint-Simon qu'il a prélevés aux Antilles et qui se joignent aux Américains de La Fayette. Il a devancé, dans la baie, la flotte anglaise des amiraux Graves et Hood, puis l'engage et la repousse au large le 6.

Venant du Nord à marches forcées, Washington et Rochambeau sont chez de Grasse le 17. L'avant garde et sa cavalerie ont été embarquées le 9 au nord de la baie par l'escadre de l'amiral de Barras qui arrive de Newport avec l'artillerie lourde. Le gros et le reste de l'artillerie rejoignent le 26. Le siège peut alors s'organiser, les principales redoutes sont emportées le 14 octobre ; Cornwallis tente en vain d'échapper, par la terre puis par la mer. Il est contraint de capituler le 19 octobre. Six mille Anglais et deux mille Allemands sont désarmés, 214 pièces saisies, 500 chevaux. Grand soin est pris des blessés des deux camps.