SAR France

Sons of the American Revolution - Branche française

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Thibaut René de Kergariou-Locmaria

 

 

Thibaut René de KERGARIOU-LOCMARIA (1739-1795)

 


           

 Thibaut, dit Théobald, comte  de Kergariou-Locmaria,  est né le 17 septembre 1739 au château de Coatilliau en Ploubezre (Côtes d’Armor) et baptisé le lendemain. Il est le fils cadet de messire Joseph de Kergariou (1700-1784), chevalier, seigneur de Coëtillio, La Ville Neuve, Rozouet, Locmaria, commissaire des États de Bretagne et d’Henriette de Fages (1708-1791).

Entré dans la marine, comme garde-marine, le 5 septembre 1755, il embarque le mois de novembre suivant, sur le vaisseau l’Aigle, commandé par M. de Saint-Alouarn, et faisant partie de l’escadre destinée pour Saint-Domingue, sous les ordres de M. Périer. Toute cette campagne remplit l’année 1756. Nommé enseigne de vaisseau le 17 avril 1757, il est immédiatement chargé du commandement des batteries des côtes. De 1758 au 1er février 1770, date à laquelle il est nommé lieutenant de vaisseau, il ne cessa d’être en mer, chargé de diverses missions, d’abord sur l’Amphion, en 1758, où il prit part au siège de Louisbourg et à partir de 1759 sur la Sardine. Il a ensuite servi sur l’Orient où il participe à la bataille des Cardinaux (baie de Quiberon) le 21 novembre 1759. Il sert plus tard sur les frégates Hébé, en 1760,  Licorne, en 1762, et prend part aux  raids de l’amiral de Ternay  sur Terre-Neuve contre les établissements britanniques. Après l’expédition de Ternay, Thibault de Kergariou-Locmaria retourne dans les Caraïbes, en 1763, sur la Comète, en 1764, sur le Saint-Esprit, en 1766, sur  le fluyt Equilibre et finalement sur la frégate la Belle-Poule, en 1769 . En 1772, il participe à une campagne dans l’océan indien sur la Belle Poule, avant de prendre le commandement du fluyt Esturgeon en 1773. En 1774, il est nommé commandant de la corvette de 14 canons Sérin, sur lequel il a patrouillé et capturé plusieurs navires négriers britanniques. Le 24 décembre 1775, il est fait chevalier de l’ordre de Saint-Louis.

Promu capitaine de vaisseau le 13 mars 1779, Thibaut de Kergariou-Locmaria est nommé, en septembre 1780, commandant de la frégate de 32 canons la Junon avec laquelle il s’empare, près de la Trinité, de la corvette anglaise Hover de 20 canons qui ne lui opposa qu’une faible résistance.

 

 

LA GUERRE D’INDEPENDANCE AMERICAINE

Commandant la frégate du Roi la Sybille, de 32 canons, il part de Saint–Domingue le 27 décembre1782, avec le brick le Railleur, escortant un convoi de seize voiles, destiné pour l’Amérique septentrionale, lorsque, le 2 janvier 1783, se trouvant en dehors des débouquements, il aperçoit, à huit heures du matin, trois bâtiments qui lui donnaient chasse. Lorsqu’il fut assez près pour reconnaître qu’il avait affaire à un vaisseau, l’Endymion, de 50 canons, et à deux frégates de 32 canons, l’Emerald et la Magicienne, il fit signal au convoi de continuer sa route avec le Railleur. A deux heures, jugeant que la Magicienne était suffisamment distante des deux autres bâtiments anglais, il porta sur elle et engagea le combat bord à bord. Le feu fut très vif et très meurtrier de part et d’autre. La Magicienne avait déjà perdu son mât d’artimon, lorsqu’une volée, tirée à mitraille, porta tout entière sur le gaillard de la Sybille, tua onze hommes et renversa le capitaine de Kergariou, que l’on crut mort pendant quelques temps. M. Morel d’Escures, son second, prit le commandement et continua de combattre avec la même vigueur. La Magicienne fut rasée comme un ponton, mais non prise, car l’arrivée du vaisseau et de la seconde frégate anglaise obligea M. Morel d’Escures à prendre chasse.  Pour lui témoigner le cas qu’il faisait de sa bravoure,  Thomas Graves, capitaine de la Magicienne, adressa, plus tard au comte de Kergariou, deux gravures représentant, l’une le commencement, l’autre la fin de ce combat.

La Sybille avait à peine réparé les avaries qu’elle avait essuyées dans le combat du 2 janvier 1783 lorsqu’elle fut assaillie, le 6 janvier, par un coup de vent qui la démâta de tous ses mâts, et l’obligea de jeter douze de ses canons à la mer. Réduite à cet état de détresse, elle naviguait sous une voile de fortune quand le 12 janvier, le capitaine de Kergariou, alors remis de sa blessure, aperçut plusieurs voiles anglaises dont la corvette le Hussard et le vaisseau de 60 canons, le Centurion. Le Hussard se porta sur la Sybille qui, toute désemparée qu’elle était, eut ainsi à le combattre. Combattre n’est pas vraiment le mot, car la corvette ne tira qu’une bordée ; mais elle porta au-dessous de la flottaison, et noya dans un instant toutes les poudres de la Sybille. Les pompes ne fontionnant plus, la frégate française fut forcée de jeter à la mer douze nouveaux canons. Pendant qu’on faisait cette opération, la corvette revint à la charge, en compagnie du Centurion qui, de son côté, lâcha deux bordées à la Sybille, et la contraignit ainsi à amener son pavillon.

 

 

CAMPAGNES DANS L’OCEAN INDIEN ET GOLFE PERSIQUE

Le comte de Kergariou-Locmaria fut admis, le 16 août 1784, dans l’ordre de Cincinnatus. Capitaine de vaisseau et chef de division en 1786, il commande la frégate la Calypso sur laquelle il fit la campagne de l’Inde durant trois ans. En effet la France ne souhaitait pas brader ses intérêts résiduels dans le golfe Persique et elle fit le pari que les succès de sa marine au cours de la guerre d’Indépendance américaine  pouvaient lui permettre de contrebalancer le monopole des anglais dans les ports omanais. L’imam en étant conscient, les conditions étaient réunies pour un rapprochement franco-omanais. Les marins français, dont le prestige était grand aux yeux de Mascate depuis Yorktown, prirent une large part à ce mouvement. Ainsi en 1786, le comte de Kergariou-Locmaria, commandant la Calypso, fait escale à Mascate et le sultan lui fit savoir qu’un résident français serait nommé dans le port omanais, à la double condition qu’il dépende du consul de France à Bassorah et qu’il soit arabophone. Saïd bin Ahmed se déclare prêt à mettre à sa disposition une maison. Ce serait pour lui un moyen de contrebalancer l’influence de l’agent britannique installé à Mascate. Cependant l’initiative du sultan, si elle rencontra l’aval des représentants français dans l’océan indien, buta sur l’indifférence de la France dont le pouvoir central avait, en 1789, la tête ailleurs.

 

EMIGRATION

Avec la Révolution, il émigra et s’engagea dans l’armée des Princes. Avec le régiment d’Hector ou de « la Marine » il fit partie de l’expédition de Quiberon et fut fait prisonnier à la suite de la journée du 20 juillet 1795 et fusillé à Auray le 31 juillet 1795. Il laissa une veuve, Marie-Josèphe de Trédern (1759-avant 1810) et deux enfants, Agathe (1785-1810) et Amédée (1790-1858).

 

 

 

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Descendant SAR : Eric JAYET (rédacteur).